
Symposium AMPP : “Plantations Fruitières du Terroir, Inventaire des Bio-Agresseurs et la Protection Intégrée”
9 November 2015
Maroc, Egypte et Israël principaux pays fournisseurs de fruits et légumes pour l’ UE, la Tomate le plus important pour le Maroc
9 November 2015
agrumes : L’Union Européenne exprime une vive préoccupation face au retour potentiel de la maladie de la tache noire, une menace phytosanitaire qui pèse sur les importations, notamment celles en provenance d’Afrique du Sud. Jaguar, l’un des plus grands importateurs de fruits africains sur le marché européen, se retrouve en première ligne face à cette inquiétude croissante. L’entreprise anticipe déjà la nécessité de diversifier ses sources d’approvisionnement en fruits pour pallier d’éventuelles restrictions qui pourraient être imposées si la maladie “mancha negra” venait à se propager davantage.
La maladie de la tache noire et son impact sur les agrumes
Chaque année, Jaguar gère un volume conséquent d’importations de fruits, avec 58 300 palettes d’oranges, 25 300 palettes de raisins et pas moins de 110 000 palettes d’autres variétés de fruits provenant d’Afrique du Sud. Ces chiffres soulignent l’importance stratégique du marché sud-africain pour l’entreprise, qui représente environ 20% de son volume total d’importation de fruits. Le secteur agrumicole sud-africain est un fournisseur majeur pour l’Europe, exportant quelque 600 000 tonnes de fruits chaque année, dont une part substantielle de 400 000 tonnes est dirigée vers les Pays-Bas, plaque tournante majeure du commerce de fruits en Europe.
L’épisode de l’année précédente, marqué par une interdiction temporaire des oranges sud-africaines suite à la détection de la maladie de la tache noire, a servi de mise en garde sévère. Bien que cette interdiction ait été levée, les producteurs sud-africains ont été sommés de renforcer leurs mesures de biosécurité afin de prévenir toute réintroduction du pathogène sur le territoire de l’UE. Cette vigilance accrue est essentielle pour la pérennité des échanges commerciaux des agrumes.
Kees Rijnhout, représentant de Jaguar, a exprimé cette anxiété récurrente lors d’une déclaration le 29 octobre : “Chaque année, nous sommes très inquiets par rapport à la situation de la maladie de tache noire et nous recherchons des produits de différents pays, de sorte si cette maladie est détectée, nous aurons d’autres solutions alternatives.” Il anticipe néanmoins une résolution de cette problématique dans un horizon d’environ cinq ans, le temps nécessaire pour développer des solutions préventives efficaces. La recherche de nouvelles origines d’approvisionnement est donc une stratégie proactive pour sécuriser l’accès aux agrumes.
Pression sur le marché mondial des agrumes et défis agronomiques
Le marché mondial des agrumes est soumis à une pression croissante, exacerbée par des facteurs climatiques, sanitaires et économiques. La demande mondiale pour ces fruits riches en vitamines et en saveur ne cesse d’augmenter, poussant les producteurs à maximiser leurs rendements. Cependant, ils sont confrontés à des défis agronomiques considérables. La gestion de l’eau devient de plus en plus critique dans de nombreuses régions productrices, affectant la croissance et la qualité des fruits. Les coûts des intrants, tels que les engrais et les pesticides, ont également connu une hausse significative, grevant la rentabilité des exploitations. Ces contraintes peuvent affecter la disponibilité et le prix des agrumes sur les marchés internationaux.
La dynamique du “Coût de Production” versus “Prix de Vente” pour les agrumes
La relation entre le coût de production et le prix de vente est un équilibre délicat et souvent tendu dans le secteur des agrumes. Les producteurs doivent non seulement couvrir les dépenses liées à la culture, la récolte, le conditionnement et le transport, mais aussi réaliser un bénéfice pour assurer la pérennité de leur activité. Les fluctuations des coûts des intrants, l’augmentation des salaires, les investissements nécessaires pour le respect des normes phytosanitaires et environnementales, ainsi que les coûts logistiques, pèsent lourdement sur la structure de coûts. D’autre part, le prix de vente est déterminé par une multitude de facteurs, dont l’offre et la demande sur les marchés internationaux, la qualité des fruits, les stratégies marketing des distributeurs, et la concurrence d’autres origines. Dans le cas des agrumes, la présence de maladies comme la tache noire peut créer des pénuries artificielles ou des restrictions qui modifient significativement la dynamique offre-demande, entraînant potentiellement une volatilité des prix.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux menaces sanitaires et aux pressions économiques, la diversification des cultures et des marchés devient une stratégie clé pour les producteurs d’agrumes. Explorer de nouvelles variétés d’agrumes plus résistantes aux maladies ou mieux adaptées aux conditions climatiques changeantes peut offrir une sécurité accrue. Parallèlement, l’ouverture vers de nouveaux marchés d’exportation, moins touchés par les restrictions sanitaires européennes ou offrant de meilleures perspectives de prix, peut s’avérer judicieuse. Il est également crucial de renforcer les collaborations avec les instituts de recherche et les organisations agricoles pour bénéficier des dernières avancées en matière de lutte intégrée contre les ravageurs et maladies, ainsi que pour optimiser les pratiques culturales. Pour ceux qui exportent vers l’Union Européenne, une conformité rigoureuse aux normes de qualité et de sécurité sanitaire est non négociable. La recherche de partenariats solides avec les importateurs, comme l’illustre la relation entre Jaguar et les producteurs sud-africains, est également essentielle pour une meilleure prévisibilité et une gestion des risques partagée. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose d’ailleurs de nombreuses ressources et recommandations pour aider les pays à améliorer leurs systèmes phytosanitaires.
FAQ sur la crise actuelle des agrumes
Pourquoi le prix des agrumes augmente-t-il ?
L’augmentation du prix des agrumes peut être attribuée à une combinaison de facteurs. Les coûts de production croissants (engrais, eau, main-d’œuvre), les défis logistiques mondiaux, les conditions météorologiques extrêmes affectant les récoltes, et plus récemment, les préoccupations sanitaires comme la maladie de la tache noire qui peuvent entraîner des restrictions d’importation et réduire l’offre, contribuent tous à une hausse des prix.
Qu’est-ce que la maladie de la tache noire des agrumes ?
La maladie de la tache noire, ou “mancha negra”, est une maladie phytosanitaire qui affecte les agrumes, notamment les oranges. Elle se manifeste par des lésions sur les fruits, affectant leur qualité et leur commercialisation. Sa présence peut entraîner des interdictions d’importation dans les pays qui cherchent à protéger leur production agricole.
Quelles sont les implications pour les consommateurs ?
Les consommateurs peuvent être confrontés à une disponibilité réduite de certains types d’agrumes et à une augmentation des prix. Les restrictions sanitaires ou les mauvaises récoltes peuvent limiter l’offre sur les étals, rendant les fruits plus chers et potentiellement moins variés.
Comment les pays importateurs gèrent-ils ces risques ?
Les pays importateurs, comme ceux de l’Union Européenne, mettent en place des systèmes de surveillance et de contrôle phytosanitaire rigoureux. Cela inclut des inspections aux frontières, des exigences en matière de certificats sanitaires et, en cas de détection d’une maladie, l’imposition de restrictions temporaires ou permanentes sur les importations provenant des zones affectées. La recherche d’alternatives d’approvisionnement est une stratégie courante.
Pour en savoir plus sur les politiques agricoles en Afrique du Nord, vous pouvez consulter le site du Ministère de l’Agriculture.
Retrouvez toute l’actualité du secteur sur HortiTecNews.




