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tomate : La Commission européenne, par l’intermédiaire de son groupe d’experts en prévisions, s’est réunie pour aborder les enjeux cruciaux affectant le marché de la tomate, particulièrement dans le contexte des échanges avec des pays tiers. Cette convocation fait suite aux préoccupations soulevées par la Fédération espagnole des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (FEPEX) quant à la nécessité d’améliorer la transparence et l’efficacité du système de prix d’entrée. L’objectif est de garantir une concurrence équitable et de soutenir la durabilité de la production européenne de tomate.
La tomate espagnole face aux défis de la compétitivité
La réunion du groupe d’experts des prévisions de tomate, initiée par la Commission européenne, met en lumière les tensions commerciales et les défis structurels auxquels est confrontée la filière. FEPEX, acteur majeur de la représentation des producteurs et exportateurs espagnols, a souligné l’urgence d’optimiser le système actuel de prix d’entrée. Ce mécanisme, censé réguler les importations et assurer une juste valorisation des produits européens, est jugé insuffisant. Les discussions portent notamment sur la révision de la méthode de calcul de la valeur des tomates importées du Maroc. Il s’agit de s’assurer que le prix d’entrée reflète fidèlement la valeur réelle des produits, afin d’éviter une concurrence déloyale qui pourrait pénaliser les agriculteurs européens. L’accord commercial entre l’Union européenne et le Maroc, bien que bénéfique en termes d’accès au marché, nécessite des ajustements pour garantir un équilibre des forces. Les mesures d’information et de sauvegarde associées à cet accord sont également au cœur des préoccupations, visant à assurer une meilleure visibilité et une protection accrue pour la production de tomate de l’UE.
FEPEX insiste sur le fait que la mise en place de mesures visant un développement ordonné de la campagne de la tomate est une priorité absolue. Cette démarche est essentielle pour assurer la durabilité économique et sociale d’une production qui revêt une importance stratégique pour le secteur des fruits et légumes en Espagne. La culture de la tomate ne se limite pas à sa contribution à l’activité productive de certaines régions ; elle est également un pilier majeur de l’emploi. En effet, un hectare de culture de tomate est capable de générer quatre emplois directs et indirects sur une base annuelle, démontrant ainsi son impact social et économique considérable. La volatilité des marchés et la pression concurrentielle exigent une approche proactive pour sauvegarder ces emplois et le tissu économique local dépendant de cette culture.
Les statistiques récentes soulignent la complexité de la situation. Durant les six premiers mois de l’année, les exportations de tomates espagnoles ont atteint un volume de 623 950 tonnes, un chiffre pratiquement identique à celui de la même période en 2014 (624 401 tonnes). Cependant, cette stabilité volumique masque une réalité économique préoccupante : une baisse de 2,10% de la valeur des exportations, qui s’élève à 612 368 542 euros. Parallèlement, les importations de tomates sur le marché espagnol ont connu une augmentation significative de 61,25%, atteignant 26 986 tonnes. Cette dynamique révèle une pression accrue sur les prix et une possible érosion des marges pour les producteurs espagnols, qui doivent composer avec des coûts de production souvent plus élevés que ceux de leurs concurrents internationaux. La question de la valorisation de la tomate sur les marchés européens est donc centrale.
Pressions mondiales et défis agronomiques pour la tomate
Le marché mondial de la tomate est soumis à des pressions considérables. L’augmentation de la production dans les pays tiers, souvent bénéficiant de coûts de main-d’œuvre plus bas et de réglementations environnementales moins strictes, crée une concurrence accrue pour les producteurs européens. Ces derniers doivent non seulement faire face à ces enjeux de prix, mais aussi à des défis agronomiques de plus en plus complexes. Le stress hydrique, exacerbé par les changements climatiques, impose une gestion de l’eau plus rigoureuse et l’adoption de techniques d’irrigation économes. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les pesticides et l’énergie, continuent également d’augmenter, grevant davantage les marges des agriculteurs. La nécessité d’investir dans des technologies plus performantes et durables, tout en maintenant une compétitivité prix, représente un casse-tête pour les producteurs de tomate.
La dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est au cœur des difficultés rencontrées par la filière. Le coût prix englobe l’ensemble des dépenses engagées par le producteur pour cultiver sa tomate : semences, main-d’œuvre, fertilisation, protection phytosanitaire, énergie, eau, emballage, transport, etc. Le prix de vente, quant à lui, est le prix auquel la tomate est écoulée sur le marché. Lorsque le prix de vente est inférieur au coût prix, le producteur subit une perte. Les importations à bas prix, les fluctuations de la demande, et la concentration du pouvoir d’achat entre les mains de quelques grands distributeurs peuvent exercer une pression à la baisse sur les prix de vente, rendant difficile, voire impossible, pour de nombreux producteurs de couvrir leurs coûts et de réaliser un bénéfice. L’efficacité du système de prix d’entrée vise justement à rétablir un équilibre en s’assurant que les importations ne viennent pas déstabiliser le marché européen avec des prix artificiellement bas. La transparence dans la formation des prix, depuis le producteur jusqu’au consommateur, est essentielle pour une meilleure compréhension et une plus grande équité dans la chaîne de valeur de la tomate.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces défis, les producteurs de tomate explorent diverses stratégies pour améliorer leur compétitivité et assurer leur avenir. L’innovation variétale joue un rôle crucial, avec le développement de variétés plus résistantes aux maladies, plus tolérantes au stress hydrique et offrant une meilleure qualité gustative. L’adoption de techniques agricoles de précision, telles que l’agriculture de précision et l’utilisation de capteurs, permet d’optimiser l’utilisation des ressources et de réduire les coûts. La diversification des cultures peut également réduire la dépendance à une seule production et répartir les risques. De plus, la mise en place de circuits courts de commercialisation et le développement de labels de qualité permettent aux producteurs de mieux valoriser leurs produits et de se différencier de la concurrence. La collaboration au sein de coopératives renforce le pouvoir de négociation des agriculteurs et facilite l’accès à de nouveaux marchés. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) propose de nombreuses ressources et programmes pour aider les agriculteurs à s’adapter aux défis actuels.
Le contexte actuel met en évidence la nécessité d’un soutien renforcé de la part des pouvoirs publics et des institutions européennes. Les programmes de soutien à l’agriculture durable, les aides à l’investissement dans les technologies innovantes, et les mesures visant à réguler plus efficacement les marchés sont autant d’outils qui peuvent contribuer à assurer la pérennité de la production de tomate en Europe. L’importance de la filière tomate pour l’économie et l’emploi en Espagne, mais aussi dans d’autres régions européennes, justifie pleinement ces efforts. Un marché de la tomate sain et équitable bénéficie à l’ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur, en garantissant la disponibilité de produits frais et de qualité, tout en soutenant les communautés rurales. L’initiative de la Commission européenne pour réunir les experts est donc un pas dans la bonne direction pour aborder ces questions complexes et trouver des solutions durables pour la tomate.
FAQ sur la crise actuelle de la tomate
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de la tomate peut être attribuée à plusieurs facteurs : une hausse des coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), une offre réduite due à des conditions météorologiques défavorables ou à des aléas sanitaires, une demande soutenue, et une pression accrue de la concurrence des importations à bas prix qui peuvent entraîner des distorsions sur le marché.
Qu’est-ce que le “prix d’entrée” pour les tomates ?
Le prix d’entrée est un mécanisme réglementaire utilisé dans le cadre d’accords commerciaux, notamment avec des pays tiers. Il fixe un prix minimum pour les importations de certains produits agricoles, comme la tomate. L’objectif est d’éviter que ces importations ne soient vendues à des prix dérisoires qui pourraient nuire aux producteurs locaux.
Quel est l’impact des importations de tomates marocaines sur le marché européen ?
Les importations de tomates marocaines peuvent exercer une pression à la baisse sur les prix du marché européen, en particulier si elles bénéficient de coûts de production inférieurs. La Commission européenne cherche à équilibrer les bénéfices de ces accords commerciaux avec la nécessité de protéger les producteurs européens contre une concurrence jugée déloyale.
Comment la durabilité de la production de tomate est-elle assurée ?
La durabilité repose sur plusieurs piliers : l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement (gestion de l’eau, réduction des intrants chimiques), la garantie de revenus décents pour les agriculteurs, le maintien de l’emploi dans les zones rurales, et le développement de variétés plus résistantes et économes en ressources. Le soutien aux filières agricoles par des politiques publiques adaptées est également crucial.
Pour plus d’informations sur les enjeux agricoles mondiaux, vous pouvez consulter les travaux de HortiTecNews.




