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marchés de gros tunisiens pourraient connaître une période de perturbation significative en ce début de mois de Ramadan. L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a émis une proposition claire : boycotter l’approvisionnement des marchés de gros durant les trois premiers jours du ramadan, une mesure de pression conditionnée par l’absence de réponse gouvernementale aux doléances des agriculteurs.
Le boycott des marchés de gros : une arme de négociation
Cette proposition, qui sera formellement présentée et débattue lors de la réunion du Conseil central de l’UTAP les 6 et 7 juin 2015, vise à faire entendre la voix des producteurs. Adel Massoudi, vice-président de l’UTAP, a souligné que cette initiative fait suite à des appels récurrents de nombreux agriculteurs et adhérents, exprimés lors de conférences régionales organisées à l’occasion de la fête de l’agriculture. Le message est unanime : si le gouvernement ne honore pas ses engagements, le flux de produits agricoles frais vers les marchés de gros sera interrompu. Ce boycott, même s’il ne dure que quelques jours, est conçu pour avoir un impact immédiat sur la disponibilité des produits et, par conséquent, sur les prix, touchant ainsi directement le consommateur et rappelant l’importance vitale du secteur agricole. Les marchés de gros sont en effet le poumon de la distribution des produits alimentaires frais dans le pays.
Les engagements non tenus du gouvernement à l’origine de la grogne
La décision de recourir au boycott découle directement d’un “manquement de la part du gouvernement à ses engagements”, selon les termes d’Adel Massoudi. Les points de friction sont multiples et touchent directement le quotidien des agriculteurs. Premièrement, la question de l’indemnisation des agriculteurs sinistrés par les inondations de février-mars 2015 dans les régions du nord-ouest, particulièrement touchées (Béja et Jendouba), n’a pas été réglée de manière satisfaisante. Ces catastrophes naturelles ont causé des dégâts considérables, et les aides promises tardent à se matérialiser ou sont jugées insuffisantes par les producteurs. Deuxièmement, le gouvernement n’a pas respecté l’accord concernant l’annulation des dettes agricoles. Bien qu’une annulation des dettes d’une valeur inférieure à 5 000 dinars ait été convenue, la décision effective ne porte que sur les dettes inférieures à 2 000 dinars. Cette différence représente une charge financière importante pour de nombreux agriculteurs qui peinent déjà à joindre les deux bouts. La gestion des marchés de gros est intimement liée à la santé financière des producteurs.
D’autres défis pour le secteur agricole
Au-delà des problématiques immédiates, l’UTAP met en lumière d’autres enjeux cruciaux pour le secteur. La question de la récolte des céréales et son impact direct sur le revenu des agriculteurs est un sujet de préoccupation majeur. Les fluctuations des prix du marché, les coûts de production élevés et les conditions climatiques souvent défavorables peuvent rendre cette culture peu rentable, malgré les efforts consentis par les producteurs. L’organisation agricole a également manifesté son refus catégorique de participer à la “consultation nationale sur les terres domaniales”, annoncée par le ministre de l’Agriculture en mai 2015. L’UTAP considère cette démarche comme une continuation d'”anciennes pratiques” qui ne mènent pas à des résultats concrets et crédibles. L’organisation prône une approche plus transparente et participative dans la gestion des terres agricoles, qui constituent un patrimoine national essentiel pour la sécurité alimentaire et l’économie du pays. L’approvisionnement des marchés de gros dépendra à terme de ces politiques agricoles.
Pressions mondiales sur les marchés de gros
La situation tunisienne s’inscrit dans un contexte mondial où les marchés de gros sont soumis à des pressions croissantes. L’augmentation des coûts des intrants agricoles (engrais, semences, carburant), exacerbée par les tensions géopolitiques et les aléas climatiques à l’échelle planétaire, rend la production plus onéreuse. Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont fragiles et sujettes aux perturbations, ce qui se répercute sur les prix à tous les niveaux, y compris dans les marchés de gros locaux. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) alerte régulièrement sur ces défis et la nécessité d’une meilleure résilience des systèmes alimentaires.
Les défis agronomiques sous-jacents
Les inondations mentionnées par l’UTAP ne sont qu’un exemple des défis agronomiques auxquels font face les agriculteurs tunisiens. Le stress hydrique est une préoccupation constante, particulièrement dans un pays méditerranéen sujet à la sécheresse. La gestion de l’eau est donc cruciale pour la pérennité de l’agriculture. De plus, l’accès à des semences de qualité, des techniques culturales innovantes et des programmes de recherche et développement adaptés aux conditions locales sont indispensables pour améliorer les rendements et la qualité des produits destinés aux marchés de gros. Le coût des intrants, bien que non directement un défi agronomique, est une conséquence directe de la dépendance aux marchés internationaux et des politiques agricoles.
La dynamique du prix de revient vs prix de vente
La tension entre le prix de revient et le prix de vente est au cœur des revendications des agriculteurs. Le prix de revient englobe toutes les dépenses engagées pour produire une denrée : achat des semences, engrais, produits phytosanitaires, carburant pour les machines agricoles, main-d’œuvre, eau, électricité, entretien du matériel, amortissement des investissements, etc. Le prix de vente, quant à lui, est le prix auquel l’agriculteur propose son produit, généralement sur les marchés de gros ou via des intermédiaires. Lorsque le prix de vente est inférieur au prix de revient, l’agriculteur enregistre une perte. Les subventions gouvernementales, les aides à l’investissement et les politiques de soutien des prix visent à combler cet écart et à assurer une marge bénéficiaire raisonnable. L’incapacité du gouvernement à honorer ses engagements signifie que cet écart se creuse, rendant la profession de plus en plus précaire. Cela a une incidence directe sur la disponibilité et le prix des produits sur les marchés de gros.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces difficultés, certains agriculteurs cherchent des alternatives pour améliorer leur rentabilité et réduire leur dépendance aux circuits traditionnels. L’organisation de circuits courts, la vente directe aux consommateurs, la création de coopératives pour mutualiser les achats et les ventes, ou encore la diversification des cultures vers des produits à plus forte valeur ajoutée sont des pistes explorées. L’innovation technique, par exemple via l’agriculture de précision ou les serres modernes comme celles promues par HortiTecNews, peut également contribuer à optimiser les coûts de production et à améliorer la qualité des récoltes. Le développement de l’agroalimentaire local et la valorisation des produits tunisiens sont aussi des leviers importants.
Le rôle du Ministère de l’Agriculture
Le Ministère de l’Agriculture tunisien a un rôle crucial à jouer pour stabiliser le secteur et assurer la sécurité alimentaire du pays. Il est le garant de la mise en œuvre des politiques agricoles, du soutien aux producteurs, de la régulation des marchés et de la promotion d’une agriculture durable et résiliente. Les concertations avec les organisations professionnelles comme l’UTAP sont essentielles pour élaborer des solutions adaptées aux réalités du terrain et aux attentes des agriculteurs, tout en veillant à l’intérêt général des consommateurs et à la santé économique du pays. Les décisions prises concernant les marchés de gros doivent refléter une vision stratégique à long terme.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des produits agricoles augmente-t-il ?
L’augmentation des prix est souvent due à une combinaison de facteurs : hausse des coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), conditions climatiques défavorables (sécheresse, inondations) réduisant l’offre, tensions sur les marchés internationaux, et parfois spéculation. Lorsque les agriculteurs ne parviennent pas à couvrir leurs coûts, ils peuvent être contraints d’augmenter leurs prix de vente.
Quel est l’impact du boycott sur les consommateurs ?
Un boycott, même de courte durée, peut entraîner une diminution de l’offre sur les marchés de gros et, par conséquent, une hausse des prix pour les consommateurs. Cela peut également créer des ruptures d’approvisionnement temporaires pour certains produits frais.
Quelles sont les attentes des agriculteurs vis-à-vis du gouvernement ?
Les agriculteurs attendent que le gouvernement honore ses engagements, notamment en matière d’indemnisation des sinistres, d’annulation des dettes, et de mise en place de politiques de soutien stables et prévisibles. Ils souhaitent également être consultés de manière effective sur les décisions qui impactent leur secteur.
Comment le gouvernement peut-il soutenir les marchés de gros ?
Le gouvernement peut soutenir les marchés de gros en améliorant les infrastructures, en facilitant la logistique, en régulant les marges des intermédiaires pour assurer des prix équitables aux producteurs et aux consommateurs, et en mettant en place des mécanismes de stabilisation des prix en cas de crise.




