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Le ravageur des agrumes, Pezothrips kellyanus, une menace grandissante pour les vergers espagnols
Un nouveau type de thrips, Pezothrips kellyanus, a récemment été détecté dans les régions d’Almería et de Málaga, en Andalousie, Espagne. Cette découverte, relayée par le Réseau d’Alerte et d’Information Phytosanitaire (RAIF) d’Andalousie et rapportée par Asaja Málaga, suscite une inquiétude croissante parmi les producteurs d’agrumes. Si cette espèce était déjà connue en Espagne depuis plusieurs années, sa présence s’est manifestée soudainement avec des symptômes d’une gravité inhabituelle, posant ainsi de nouveaux défis à la gestion des cultures et à la rentabilité des exploitations.
Comprendre le Pezothrips kellyanus : un nouveau ravageur des agrumes
Pezothrips kellyanus, cet insecte de petite taille, est une espèce qui a émergé sur la scène phytosanitaire des agrumes depuis la fin du XXe siècle. Originaire de Nouvelle-Zélande et d’Australie, il est aujourd’hui considéré comme un ravageur occasionnel dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie et d’Europe. En Espagne, ses premières manifestations importantes remontent à 1996 en Catalogne, suivies en 2007 dans la région de La Ribera, dans la Communauté Valencienne. La nouvelle détection en Andalousie, bien que dans une zone où il était déjà présent, marque un tournant. Les techniciens du plan de surveillance phytosanitaire des agrumes d’Almería et Málaga, lors des analyses effectuées entre fin février et mi-mars au Laboratoire de la production végétale et de la santé de La Mojonera, ont confirmé la présence de ce ravageur des agrumes. L’identification de Pezothrips kellyanus comme ravageur des agrumes est confirmée.
Le cycle de vie de ce thrips explique en grande partie ses dégâts. La femelle pond ses œufs sur les fleurs et les jeunes fruits. À l’éclosion, les larves se nourrissent des tissus floraux et fruitaux, provoquant l’apparition de taches brunâtres caractéristiques. Ces cicatrices prennent souvent la forme de couronnes circulaires, particulièrement autour du calice du fruit, ou entre des fruits qui se touchent. Avec la croissance du fruit, ces cicatrices s’étendent, altérant l’apparence du fruit, le rendant inesthétique et inapte à l’exportation, marchés qui exigent une qualité visuelle irréprochable. De plus, en se nourrissant également des fleurs, le ravageur des agrumes peut engendrer une baisse significative des rendements, impactant directement la quantité de récolte.
Les défis agronomiques et économiques face à ce ravageur des agrumes
L’apparition soudaine de symptômes graves dus à Pezothrips kellyanus dans des zones où il était déjà présent soulève des questions sur les facteurs environnementaux et agronomiques qui pourraient favoriser sa prolifération. Dans un contexte de pression accrue sur les ressources, notamment la gestion de l’eau et l’augmentation des coûts des intrants (fertilisants, produits de protection), les producteurs se trouvent face à des défis agronomiques complexes. La recherche de solutions de lutte durables et économiquement viables devient primordiale. La maîtrise de ce ravageur des agrumes nécessite une approche intégrée, combinant surveillance, méthodes de lutte biologique et chimique raisonnée, et bonnes pratiques culturales. Le coût de mise en œuvre de ces stratégies peut représenter une charge supplémentaire significative pour les exploitations agricoles.
La dynamique entre le “coût de production” et le “prix de vente” des agrumes est au cœur des préoccupations. Lorsqu’un ravageur des agrumes comme Pezothrips kellyanus cause des dégâts importants, cela se traduit par une perte de rendement et une dépréciation de la qualité des fruits invendus ou déclassés. Le coût de production par kilogramme augmente alors considérablement, tandis que le prix de vente potentiel des fruits de qualité diminue, voire devient nul pour les fruits atteints. Cette pression sur les marges rend la production d’agrumes de plus en plus précaire. Les producteurs doivent absorber ces coûts supplémentaires liés à la lutte contre les ravageurs, à la perte de récolte et à la nécessité de jeter une partie de leur production, tout en faisant face à des prix de marché qui ne reflètent pas toujours ces augmentations de coûts. La compétitivité sur les marchés internationaux, où la concurrence est rude, est ainsi fortement compromise.
Le marché mondial et la pression exercée par les ravageurs
Le marché mondial des agrumes est un écosystème complexe et interconnecté, où les événements affectant une région peuvent avoir des répercussions à l’échelle planétaire. La présence et la propagation de ravageurs comme Pezothrips kellyanus ajoutent une couche supplémentaire de complexité et de vulnérabilité. Les exigences sanitaires et phytosanitaires des pays importateurs sont de plus en plus strictes, visant à prévenir l’introduction et la propagation de parasites. L’identification d’un nouveau ravageur des agrumes dans une zone de production majeure comme l’Espagne peut entraîner des restrictions commerciales, des audits renforcés et, à terme, une perte de marchés d’exportation si le problème n’est pas géré efficacement. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) joue un rôle crucial dans la coordination des efforts internationaux pour la gestion des ravageurs et des maladies des plantes, afin d’assurer la sécurité alimentaire mondiale et de soutenir le commerce agricole.
La capacité des pays producteurs à contrôler ces menaces est essentielle à leur maintien sur le marché mondial. Les investissements dans la recherche et le développement de nouvelles méthodes de lutte, le renforcement des systèmes de surveillance phytosanitaire, et la coopération internationale sont des éléments clés pour faire face à ces défis. Par exemple, des pays comme la Tunisie, dont le secteur agricole est un pilier économique, sont constamment vigilants face aux nouvelles menaces phytosanitaires. Le Ministère de l’Agriculture tunisien met en place des programmes de suivi et de prévention pour protéger ses cultures, y compris les agrumes, face aux ravageurs émergents. Il est également important de noter que les échanges d’informations et les bonnes pratiques entre professionnels, relayés par des plateformes comme HortiTecNews, sont inestimables pour diffuser rapidement les connaissances et les solutions.
Les alternatives pour les producteurs face à la menace du ravageur des agrumes
Face à la prévalence de ce ravageur des agrumes, les producteurs explorent diverses stratégies pour minimiser les pertes. La lutte biologique, par l’introduction ou la conservation d’ennemis naturels des thrips, représente une piste prometteuse et plus respectueuse de l’environnement. L’utilisation de pièges à phéromones ou à couleurs peut également aider à surveiller la population de ravageurs et à intervenir au bon moment. Les pratiques culturales, telles que la rotation des cultures, l’élimination des résidus végétaux et la gestion de la végétation environnante, peuvent contribuer à réduire les sites de reproduction et de survie du ravageur des agrumes. La sélection variétale, en privilégiant des variétés d’agrumes plus résistantes ou moins sensibles aux dégâts, est également une stratégie à long terme. La diversification des cultures peut aussi réduire la dépendance à un seul type de production et ainsi atténuer l’impact économique d’un ravageur spécifique.
FAQ sur la crise actuelle du ravageur des agrumes
Pourquoi le prix des agrumes semble-t-il augmenter pour le consommateur ?
L’augmentation des prix pour le consommateur est souvent le résultat d’une combinaison de facteurs. Les coûts de production accrus pour les agriculteurs, dus à la lutte contre les ravageurs comme Pezothrips kellyanus, l’augmentation des prix des intrants (engrais, énergie, main-d’œuvre), les conditions climatiques défavorables, et les coûts logistiques et de distribution, tout cela contribue à répercuter ces hausses sur le prix final des agrumes en magasin.
Quels sont les risques pour la chaîne d’approvisionnement en agrumes ?
La prolifération de ravageurs comme Pezothrips kellyanus représente un risque majeur pour la chaîne d’approvisionnement. Elle peut entraîner une diminution de la quantité de fruits disponibles, une baisse de la qualité qui rend les fruits impropres à la vente, des retards dans les livraisons dus à des contrôles sanitaires plus stricts, et potentiellement, une perte de confiance des marchés d’exportation. Cela peut mener à des pénuries ponctuelles et à une volatilité des prix.
Comment les autorités sanitaires et les gouvernements interviennent-ils face à un nouveau ravageur des agrumes ?
Les autorités sanitaires et les gouvernements déploient généralement plusieurs types d’interventions. Ils peuvent mettre en place des plans de surveillance et d’alerte précoce, financer la recherche pour développer de nouvelles méthodes de lutte, imposer des mesures de quarantaine pour limiter la propagation du ravageur, soutenir financièrement les agriculteurs touchés, et collaborer avec des organisations internationales comme la FAO pour une réponse coordonnée au niveau mondial.
Existe-t-il des moyens de lutter contre Pezothrips kellyanus sans utiliser de pesticides chimiques ?
Oui, plusieurs stratégies de lutte alternative existent. La lutte biologique, qui implique l’utilisation d’insectes prédateurs ou parasitoïdes naturels du thrips, est une option. L’utilisation de produits à base de substances naturelles comme le pyrèthre ou les huiles végétales peut également être efficace dans certaines conditions. Les pratiques culturales, comme l’hygiène des vergers et la gestion des adventices, jouent également un rôle préventif important. Il est crucial de consulter les recommandations des services agricoles locaux pour les solutions les plus appropriées.




