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oliveraies tunisiennes font face à une crise sans précédent, dominée par un manque criant de précipitations et les défis inhérents au développement agricole dans les régions du sud. C’est dans ce contexte préoccupant que l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a organisé, le samedi 14 février, une réunion de travail inter-régionale au siège du commissariat régional de développement agricole de Gabès. L’objectif était d’analyser la situation, d’identifier les causes profondes et de proposer des solutions concrètes pour pallier les difficultés rencontrées par les producteurs d’oliveraies et d’autres filières agricoles. La réunion a rassemblé des représentants des Unions Régionales de l’Agriculture et de la Pêche (URAP) des gouvernorats de Gabès, Tataouine, Kébili, Tozeur et Gafsa, soulignant ainsi la dimension étendue de cette problématique.
Les échanges ont mis en lumière la fragilité du secteur agricole dans ces gouvernorats du sud tunisien. La sécheresse persistante a eu des conséquences dévastatrices, notamment l’épuisement des pâturages essentiels pour l’élevage, et des dégâts considérables infligés aux précieuses oliveraies. Ce déclin des ressources naturelles a également contraint les agriculteurs à un recours excessif et parfois inconsidéré aux ressources hydrauliques souterraines et de surface, exacerbant la raréfaction de l’eau et menaçant sa durabilité à long terme. La situation actuelle des oliveraies est donc une illustration flagrante de l’impact du changement climatique sur l’agriculture tunisienne.
L’impact global et la pression sur les oliveraies
Au-delà des spécificités locales tunisiennes, les oliveraies sont aujourd’hui confrontées à une pression accrue sur le marché mondial. La demande pour l’huile d’olive, produit phare des cultures méditerranéennes, ne cesse de croître, alimentée par ses vertus pour la santé et son utilisation culinaire universelle. Cependant, cette demande croissante se heurte à des contraintes de production de plus en plus sévères. Les aléas climatiques, tels que les sécheresses prolongées, les épisodes de gel tardif ou encore les tempêtes, affectent la régularité des récoltes et la qualité des fruits. De plus, les normes de production évoluent, exigeant des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l’environnement, ce qui peut engendrer des coûts supplémentaires pour les producteurs. La gestion des oliveraies dans ce contexte demande une adaptation constante et des investissements stratégiques.
La situation tunisienne, marquée par un déficit pluviométrique significatif, est emblématique de ces défis globaux. L’insuffisance des pluies affecte directement la vigueur des arbres, la fructification et, in fine, le rendement des oliveraies. Les pratiques d’irrigation, souvent basées sur des ressources limitées et soumises à une forte compétition, deviennent un enjeu majeur de survie pour de nombreuses exploitations. Il est crucial de noter que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces enjeux et propose des pistes de réflexion et d’action pour soutenir les pays vulnérables face à ces défis climatiques et agricoles. Vous pouvez retrouver leurs travaux sur Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Les défis agronomiques et économiques des oliveraies tunisiennes
Sur le plan agronomique, le manque d’eau constitue le principal facteur de stress pour les oliveraies tunisiennes. Les arbres fruitiers, et particulièrement les oliviers qui sont réputés pour leur résilience, souffrent d’un déficit hydrique qui affecte leur croissance, leur floraison et leur production d’huile. L’absence de pluies régulières peut entraîner une baisse significative de la teneur en huile des olives et une dégradation de sa qualité organoleptique. De plus, la hausse des coûts des intrants agricoles, tels que les engrais et les produits phytosanitaires, vient aggraver la situation. Les producteurs se retrouvent ainsi pris entre le marteau et l’enclume : des rendements en baisse et des coûts de production en hausse.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est d’une importance capitale pour la viabilité économique des oliveraies. Le coût de production englobe toutes les dépenses engagées pour cultiver, récolter et transformer les olives : main-d’œuvre, intrants, entretien du matériel, consommation d’eau, assurance, etc. Or, avec la sécheresse, certains coûts peuvent exploser, comme celui de l’irrigation si elle est possible, ou celui des fourrages pour les animaux d’élevage qui dépendent des pâturages. Parallèlement, le prix de vente de l’huile d’olive, bien qu’en hausse sur certains marchés internationaux, ne compense pas toujours ces surcoûts, surtout lorsque la production est affectée par les intempéries. Il peut y avoir un décalage important entre le prix auquel le producteur vend son huile et le prix final payé par le consommateur, une partie étant prélevée par les intermédiaires et les distributeurs. Cette situation rend la rentabilité des oliveraies particulièrement précaire et peut mener à l’abandon des exploitations.
oliveraies : Des recommandations urgentes pour l’avenir
Face à cette situation critique, les participants à la réunion ont formulé un ensemble de recommandations urgentes. Il est apparu comme primordial d’intervenir rapidement pour soutenir les gouvernorats du sud. Cela passe notamment par l’octroi de la totalité de leur part dans les fonds alloués aux fourrages, afin de subvenir aux besoins des animaux d’élevage affectés par la sécheresse des pâturages. Un programme dédié à l’irrigation et à la préservation des oliviers a également été jugé indispensable. Ce programme devrait inclure des mesures de soutien technique et financier pour les agriculteurs, ainsi que des incitations à adopter des pratiques d’irrigation plus économes en eau.
Au-delà des mesures immédiates, les participants ont souligné la nécessité de bâtir une stratégie d’avenir ambitieuse. Celle-ci devrait viser à consolider les ressources hydrauliques dans le sud du pays, potentiellement par des projets de transfert d’eau depuis les régions du nord, tout en veillant à la durabilité de ces solutions. L’augmentation de la plantation de fourrages est également envisagée comme une réponse à la dégradation des pâturages naturels. Ces propositions témoignent d’une volonté d’aller au-delà des solutions palliatives pour construire un secteur agricole plus résilient face aux défis climatiques. Pour s’informer sur les politiques agricoles tunisiennes, vous pouvez consulter le site du Ministère de l’Agriculture.
FAQ sur la crise actuelle des oliveraies
Pourquoi le prix de l’huile d’olive est-il impacté par le manque de pluie ?
Le manque de pluie affecte directement la quantité et la qualité des olives produites. Moins d’olives signifie une offre réduite sur le marché. Si la demande reste stable ou augmente, cette rareté entraîne une hausse des prix. De plus, les coûts de production peuvent augmenter pour compenser le manque d’eau (irrigation, etc.), ce qui se répercute sur le prix final.
Quelles sont les conséquences de la surexploitation des ressources hydrauliques ?
La surexploitation des nappes phréatiques peut entraîner leur épuisement à long terme, une baisse de leur niveau, et une augmentation de leur salinité, rendant l’eau impropre à l’irrigation. Pour les eaux de surface, une utilisation excessive peut perturber les écosystèmes aquatiques et réduire la disponibilité pour d’autres usages.
Comment les agriculteurs peuvent-ils s’adapter à la sécheresse ?
Les agriculteurs peuvent adopter plusieurs stratégies : choisir des variétés d’oliviers plus résistantes à la sécheresse, optimiser les techniques d’irrigation (goutte-à-goutte, irrigation raisonnée), améliorer la gestion du sol pour retenir l’humidité, diversifier leurs cultures pour réduire leur dépendance à une seule filière, et explorer des solutions de stockage de l’eau.
Quel rôle joue la technologie dans la gestion des oliveraies face au manque d’eau ?
Les technologies jouent un rôle croissant. L’agriculture de précision, par exemple, permet de surveiller en temps réel les besoins en eau des arbres grâce à des capteurs et d’adapter l’irrigation en conséquence. Des outils de prévision météorologique avancée et des systèmes d’information géographique (SIG) aident à une meilleure planification des cultures et à la gestion des ressources hydriques. La plateforme HortiTecNews propose régulièrement des informations sur ces avancées technologiques.




