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Tomate : Les exportations espagnoles, particulièrement celles des îles Canaries, connaissent une baisse significative, soulevant des inquiétudes quant à la santé du secteur. Cette tendance, observée durant la première moitié de la campagne actuelle, met en lumière une conjonction de facteurs complexes impactant la production et la commercialisation de ce fruit emblématique.
Les exportations de Tomate des Canaries en berne
Les îles Canaries, acteur historique de l’exportation de tomates, ont enregistré une diminution notable de leurs expéditions. Sur les premiers mois de la campagne, ce sont 21,8 millions de kilos de tomates qui ont quitté l’archipel, soit un recul de 7 millions de kilos par rapport à la période comparable de l’année précédente. Cette réduction se répartit entre les ports de Las Palmas, qui ont vu partir 17,4 millions de kilos, et ceux de Santa Cruz de Tenerife, avec 4,4 millions de kilos. Cette contre-performance s’explique par plusieurs éléments conjoints.
L’un des premiers facteurs est le retard constaté dans les cycles de récolte, repoussés de plus de trois semaines. Ce décalage a été aggravé par une série d’événements climatiques et économiques survenus au cours des trois derniers mois. À cela s’ajoute une pression concurrentielle accrue. D’une part, les pays dits “traditionnels” continuent de représenter une offre importante, et d’autre part, de nouveaux concurrents émergent sur le marché mondial, intensifiant la bataille pour les parts de marché. Enfin, les répercussions de l’embargo russe sur les produits agricoles originaires de l’Union Européenne ont également pesé sur les exportations canariennes, affectant les flux commerciaux habituels.
Pression mondiale et défis agronomiques pour la Tomate
Le marché mondial de la tomate est soumis à une pression croissante. L’augmentation de la population mondiale, couplée à une demande toujours forte pour des produits frais et sains, met les capacités de production sous tension. Les coûts de production ont également considérablement augmenté. Les agriculteurs font face à une hausse des prix des intrants, qu’il s’agisse des engrais, des semences, de l’énergie pour le chauffage des serres ou encore de la main-d’œuvre. L’eau, ressource de plus en plus précieuse, représente un autre défi agronomique majeur, le stress hydrique pouvant impacter négativement le rendement et la qualité des tomates. Ces contraintes, bien que non explicitement détaillées dans la source originale, sont sous-jacentes aux difficultés rencontrées par les producteurs de tomate partout dans le monde.
Le cas des îles Canaries illustre parfaitement ces dynamiques. Le climat doux de l’archipel est traditionnellement un atout, mais les aléas climatiques récents, tels que les tempêtes mentionnées au Maroc, ont eu des conséquences directes sur les marchés. La production marocaine, fortement touchée en novembre, a vu sa qualité se dégrader, créant une “offre excédentaire” de produits de moindre qualité. Paradoxalement, cette situation a engendré une “légère augmentation des prix” sur les marchés qui, eux, réclament des volumes plus importants. Cette tension entre l’offre disponible, sa qualité et la demande du marché est un équilibre délicat qui régit le prix de la tomate.
La dynamique “Coût de production” vs “Prix de vente” pour la Tomate
La rentabilité des exploitations de tomate repose sur un équilibre subtil entre le coût de production et le prix de vente. Les coûts comprennent une multitude de dépenses : acquisition de semences de qualité, préparation des sols, fertilisation, irrigation, protection contre les maladies et ravageurs (produits phytosanitaires), main-d’œuvre pour la plantation, l’entretien et la récolte, conditionnement, transport, et enfin les coûts administratifs et financiers. La hausse de chacun de ces postes de dépense pèse directement sur la marge des agriculteurs.
En face, le prix de vente est déterminé par la loi de l’offre et de la demande, mais aussi par la qualité intrinsèque du produit, son origine, et la concurrence sur les marchés internationaux. Lorsque l’offre est abondante et que la demande est faible, les prix chutent, rendant difficile la couverture des coûts de production. Inversement, une offre restreinte, conjuguée à une demande soutenue, peut entraîner une hausse des prix. Les événements comme les intempéries au Maroc ou les décalages de récolte réduisent l’offre disponible, ce qui, dans un premier temps, peut sembler bénéfique pour les producteurs restants, mais cela masque la fragilité structurelle du marché. De plus, il faut noter que certains marchés peuvent exiger des standards de qualité très élevés, ce qui peut exclure une partie de la production et impacter le prix de vente moyen.
Les alternatives pour les producteurs de Tomate
Face à ces défis, les producteurs de tomate cherchent diverses stratégies pour pérenniser leur activité. L’innovation agronomique est une voie privilégiée. Cela peut passer par l’adoption de variétés de tomates plus résistantes aux maladies, plus tolérantes au stress hydrique ou encore offrant des rendements supérieurs. Le développement de techniques d’irrigation plus économes, comme le goutte-à-goutte, est également crucial. La diversification des cultures peut offrir une sécurité supplémentaire en cas de mauvaise saison pour une culture spécifique. Certains agriculteurs se tournent également vers la vente directe ou les circuits courts, afin de réduire les intermédiaires et de mieux valoriser leur production, tout en établissant une relation de confiance avec les consommateurs.
L’amélioration de la gestion post-récolte est aussi un levier important. Un meilleur suivi de la chaîne du froid, des techniques de conservation adaptées, et une logistique optimisée permettent de réduire les pertes et de préserver la qualité des tomates jusqu’à l’assiette du consommateur. Par ailleurs, la collaboration entre producteurs, via des coopératives, permet de mutualiser les moyens, de négocier de meilleurs prix pour les intrants, et d’avoir un poids plus important sur les marchés. Il est essentiel pour les producteurs de se tenir informés des évolutions du marché et des réglementations, et de chercher un soutien auprès d’organismes dédiés, tels que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui fournit des informations et des conseils précieux pour le secteur agricole mondial.
Le renforcement de la résilience face aux aléas climatiques est une préoccupation majeure. Cela peut impliquer l’investissement dans des serres plus robustes ou l’utilisation de techniques agroécologiques. L’adaptabilité des méthodes de production aux conditions locales et aux exigences des marchés est la clé pour naviguer dans un environnement de plus en plus complexe. Les producteurs doivent également être attentifs aux opportunités offertes par les marchés d’exportation, en tenant compte des spécificités réglementaires et qualitatives de chaque pays. Par exemple, la Tunisie, en tant que producteur de tomates, s’efforce d’adapter ses pratiques aux normes internationales pour rester compétitive sur les marchés mondiaux, une démarche suivie de près par le Ministère de l’Agriculture tunisien.
FAQ sur la crise actuelle de la Tomate
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
Le prix de la tomate peut augmenter pour plusieurs raisons. Les baisses de production dues à des conditions climatiques défavorables (tempêtes, gel, sécheresse), le retard des récoltes, ou encore l’augmentation des coûts des intrants (engrais, énergie, main-d’œuvre) réduisent l’offre disponible. Lorsque la demande reste forte, cette raréfaction de l’offre pousse naturellement les prix à la hausse.
Quels sont les facteurs qui affectent la qualité de la tomate ?
La qualité de la tomate est affectée par de nombreux facteurs tout au long de sa culture et de sa post-récolte. Les conditions climatiques durant la croissance (températures extrêmes, manque ou excès d’eau), l’apparition de maladies ou de parasites, les méthodes de fertilisation, mais aussi la manière dont le fruit est cueilli, manipulé, transporté et stocké ont un impact significatif sur sa saveur, sa texture et son apparence.
Comment la concurrence des pays émergents impacte-t-elle le marché de la tomate ?
L’émergence de nouveaux pays producteurs de tomates sur la scène internationale intensifie la concurrence. Ces pays peuvent parfois bénéficier de coûts de production plus bas, de conditions climatiques plus favorables, ou de politiques agricoles avantageuses. Cela peut entraîner une pression à la baisse sur les prix pour les producteurs établis et les obliger à innover ou à se spécialiser pour rester compétitifs.
Quel est le rôle de l’embargo russe sur les exportations de tomate ?
L’embargo russe, mis en place par la Russie sur les produits agricoles de certains pays de l’Union Européenne, a perturbé les flux commerciaux traditionnels. Cela signifie que les producteurs européens, y compris ceux des Canaries, ont perdu un marché important, ce qui a pu entraîner une saturation d’autres marchés ou une baisse des prix sur ceux qui restaient ouverts. Cette situation oblige les producteurs à trouver de nouveaux débouchés et à adapter leurs stratégies commerciales.
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