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UTAP : La Coordination Nationale de Réforme du Processus Syndical Agricole voit le jour en Tunisie.
Tunisie : Création de la Coordination nationale de réforme du processus syndical agricole
Vendredi 2 janvier, un groupe d’agriculteurs tunisiens, incluant des représentants de l’ancien bureau de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), a officiellement annoncé la formation de la Coordination Nationale de Réforme du Processus Syndical. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions internes et de préoccupations quant à la gouvernance de la principale organisation agricole du pays. La création de cette nouvelle structure souligne une volonté de changement et de retour aux principes fondamentaux censés guider l’action de l’UTAP. La démarche vise à rétablir la légitimité et l’indépendance de l’organisation face à ce que ses fondateurs perçoivent comme une politisation excessive.
Les raisons profondes de la création de la Coordination Nationale pour l’UTAP
Moncef Salem, l’un des initiateurs de la coordination, a précisé lors d’un point de presse à Tunis que cette action est devenue une “nécessité” pour les agriculteurs tunisiens. Il a explicitement lié la genèse de cette coordination à l’assemblée exceptionnelle de 2013, suite à laquelle des individus considérés comme “agriculteurs travaillant pour la Troïka et non au service du secteur” auraient pris les rênes de l’UTAP. Cette perception d’une déconnexion entre la direction de l’UTAP et les réalités du terrain agricole constitue le cœur du mécontentement. L’objectif principal affiché est de garantir l’indépendance de l’UTAP, afin qu’elle puisse remplir son rôle de défenseur des intérêts du monde rural sans ingérences politiques. La coordination ambitionne ainsi de réformer le processus syndical pour qu’il serve véritablement les producteurs et non des agendas partisans. Cet appel à la réforme témoigne d’un désir de clarté et de transparence dans la gestion des affaires agricoles, un pilier essentiel pour la stabilité économique et sociale de la Tunisie.
Pour étayer leurs propos, les membres de la coordination ont présenté le rapport de l’organisation “ATIDE”, dont le mandat était de surveiller les travaux de l’assemblée générale de 2013. Ce rapport a, selon eux, explicitement recommandé une réorganisation des élections en raison de nombreuses infractions constatées. Ces irrégularités présumées ont fragilisé la légitimité du bureau actuel et renforcé la détermination des réformateurs à agir. La nécessité d’une élection “légitime et non politisée” est donc au centre de leurs revendications. L’agriculture tunisienne, confrontée à des défis croissants, ne peut se permettre une organisation syndicale affaiblie ou compromise par des intérêts divergents.
Vers une restructuration et une nouvelle gouvernance de l’UTAP
Mokhtar Boubaker, coordinateur général de la nouvelle structure, a détaillé les premières actions envisagées. La première étape cruciale sera l’organisation d’une campagne visant à retirer la confiance du bureau national actuel de l’UTAP. Cette démarche vise à fragiliser la position de la direction en place et à ouvrir la voie à des changements significatifs. Parallèlement, la coordination prévoit de mettre en place des structures régionales et locales. Ces coordinations décentralisées auront pour mission de mobiliser les agriculteurs à la base et de préparer activement la future assemblée générale élective. L’objectif est de bâtir une force collective représentative et réellement ancrée dans les réalités du terrain agricole tunisien.
Cette coordination entend redonner à l’UTAP sa pleine dimension d’organisation nationale indépendante, capable de négocier efficacement avec les autorités. Le dialogue avec le gouvernement, les institutions et les partenaires internationaux, tels que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, est fondamental pour améliorer les conditions de vie et de travail des agriculteurs. La nouvelle structure se compose d’un secrétariat et réunit 24 membres, assurant une représentation de chaque gouvernorat tunisien. Cette organisation territoriale vise à assurer une couverture complète du territoire et à prendre en compte la diversité des problématiques agricoles à travers le pays. La réforme du processus syndical est vue comme un levier essentiel pour relever les défis futurs et renforcer le secteur agricole, moteur de l’économie tunisienne.
Les défis globaux et locaux du secteur agricole tunisien
Le secteur agricole tunisien, comme de nombreux autres à l’échelle mondiale, est soumis à une pression croissante. Les changements climatiques imposent de nouvelles contraintes, notamment un stress hydrique de plus en plus marqué, affectant la disponibilité des ressources en eau pour l’irrigation, un élément vital pour de nombreuses cultures. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les semences et les produits phytosanitaires, connaissent une volatilité et une tendance haussière significatives, impactant directement la rentabilité des exploitations. Ces facteurs économiques et environnementaux, combinés à une volatilité des marchés internationaux, exigent une organisation syndicale forte et réactive, capable de défendre les intérêts des producteurs face à ces réalités complexes. La capacité de l’UTAP à négocier des prix justes et à obtenir des soutiens adéquats pour faire face à ces défis est donc primordiale.
La dynamique du coût de production face au prix de vente
Un des enjeux majeurs pour les agriculteurs tunisiens réside dans la dynamique entre le coût de production et le prix de vente de leurs produits. Les prix des intrants, déjà mentionnés, représentent une part substantielle des dépenses d’une exploitation. À cela s’ajoutent les coûts de main-d’œuvre, l’entretien du matériel, les frais de transport et les coûts administratifs. Face à cette accumulation de dépenses, les prix auxquels les agriculteurs peuvent vendre leurs récoltes sont souvent insuffisants pour couvrir l’ensemble de ces coûts et dégager un bénéfice raisonnable. Cette situation peut mener à des pertes financières, compromettant la pérennité des exploitations et décourageant les jeunes générations de s’engager dans le secteur agricole. L’UTAP, en tant qu’interlocuteur principal, a un rôle crucial à jouer dans la négociation de prix de vente qui reflètent la juste valeur du travail des agriculteurs et les coûts réels de production, en tenant compte des spécificités de chaque filière, qu’il s’agisse de fruits, de légumes ou de produits d’élevage. Le lien avec des plateformes d’information agricole comme HortiTecNews peut contribuer à une meilleure visibilité des enjeux du secteur.
L’impact de cette nouvelle coordination sur l’avenir de l’UTAP
La création de cette coordination nationale représente un tournant potentiel pour l’avenir de l’UTAP. Si elle parvient à mobiliser efficacement les agriculteurs et à obtenir le retrait de la confiance du bureau actuel, elle pourrait déclencher un processus de renouvellement profond. L’enjeu est de taille : il s’agit de faire de l’UTAP une organisation plus représentative, plus indépendante et plus efficace dans la défense des intérêts de tous les agriculteurs tunisiens. Une UTAP réformée et légitime serait mieux à même de négocier des politiques agricoles favorables, de sécuriser les revenus des producteurs et de contribuer à la résilience du secteur face aux défis contemporains. Le soutien du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, s’il est apporté de manière constructive, pourrait également jouer un rôle déterminant dans la réussite de cette transition.
FAQ sur la crise actuelle et la réforme de l’UTAP
Pourquoi le processus syndical agricole est-il en réforme ?
La réforme est motivée par la perception d’une politisation excessive de l’UTAP depuis 2013 et par la volonté de garantir l’indépendance de l’organisation au service des agriculteurs.
Quel est l’objectif principal de la Coordination Nationale de Réforme ?
L’objectif principal est d’assurer l’indépendance de l’UTAP et d’organiser une assemblée générale élective pour élire un bureau légitime et non politisé.
Quelles sont les premières actions prévues par la coordination ?
Les premières actions incluent l’organisation d’une campagne pour retirer la confiance du bureau national actuel de l’UTAP et la mise en place de coordinations régionales et locales.
Pourquoi la coordination juge-t-elle les élections de 2013 problématiques ?
Un rapport de l’organisation ATIDE a signalé de nombreuses infractions lors de l’assemblée générale de 2013, justifiant une réorganisation des élections.
Comment la coordination compte-t-elle renforcer la position des agriculteurs ?
En créant une force capable de négocier avec les autorités, afin que l’UTAP redevienne une organisation nationale indépendante et forte.




