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Concombre : une filière en tension, le secteur agricole de Grenade réclame des mesures face à la crise.
Les organisations agricoles de Grenade tirent la sonnette d’alarme. Elles expriment leur profonde préoccupation face à la “situation délicate” que traverse actuellement la campagne de production de concombre. Suite aux recommandations de l’Inter-Organisation des fruits et légumes de l’Andalousie, Hortyfruta, concernant le retrait de certains lots de concombres présentant des problèmes de qualité sur les marchés européens, les professionnels de la région se mobilisent. Cet événement met en lumière les défis majeurs auxquels est confronté le secteur horticole espagnol, et particulièrement la production de ce légume si prisé.
Les pressions du marché mondial sur le concombre espagnol
La campagne de concombre cette année est marquée par des conditions difficiles. Les températures anormalement élevées depuis le début de la saison ont eu un impact direct sur la qualité et la rapidité de maturation des fruits. Parallèlement, l’embargo russe sur les exportations horticoles espagnoles, mesure de rétorsion suite à d’autres sanctions internationales, a considérablement perturbé les circuits commerciaux habituels. Le concombre, produit de grande valeur pour les agriculteurs de la côte de Grenade, voit ainsi sa rentabilité s’éroder. La demande a fléchi, les prix ont chuté, rendant la commercialisation de plus en plus hasardeuse. Ces facteurs exogènes, sur lesquels les producteurs n’ont aucun contrôle, créent une instabilité économique préoccupante. L’interdépendance des marchés agricoles mondiaux signifie que les événements dans une région peuvent avoir des répercussions considérables ailleurs. La concurrence d’autres pays producteurs, les politiques agricoles nationales et les aléas climatiques globaux contribuent à cette complexité.
Face à cette conjoncture, différentes organisations et coopératives agroalimentaires de Grenade, telles que l’ancienne FAECA, Asaja, COAG, UPA et Ecohal de l’Andalousie, ont annoncé la tenue prochaine de réunions avec les producteurs. L’objectif est de les informer en détail sur la situation actuelle des marchés, les analyses d’Hortyfruta et la proposition de retrait de certains lots de concombre. Cette démarche vise à une prise de conscience collective et à la recherche de solutions concertées. Le secteur agricole, malgré les difficultés, démontre une volonté d’adaptation et de dialogue.
Défis agronomiques et coûts de production du concombre
Au-delà des pressions du marché, les producteurs de concombre sont également confrontés à des défis agronomiques et à une augmentation des coûts de production. La culture du concombre, particulièrement celle sous serre, est gourmande en ressources. La gestion de l’eau, essentielle pour obtenir des fruits de qualité, devient de plus en plus complexe dans un contexte de sécheresse récurrente. Les coûts liés à l’irrigation, à l’énergie pour le chauffage des serres lorsque nécessaire, et aux intrants tels que les engrais et les produits phytosanitaires ont considérablement augmenté ces dernières années. Ces dépenses grimpent, tandis que les prix de vente, eux, stagnent ou diminuent. Cette équation économique est intenable à long terme pour de nombreux exploitants qui voient leurs marges se réduire drastiquement. La recherche de variétés plus résistantes aux stress hydriques et thermiques, ainsi que l’adoption de techniques d’irrigation plus efficientes, sont des pistes explorées pour atténuer ces contraintes.
Le secteur agricole de Grenade a par ailleurs averti que si le retrait de la production de concombre ne s’avère pas efficace pour stabiliser le marché, Hortyfruta envisage de prendre des mesures plus drastiques. Ces mesures pourraient impacter non seulement la campagne horticole en cours mais aussi les perspectives de la prochaine saison. Il s’agit d’une stratégie visant à prévenir une sur-saturation du marché qui pourrait entraîner une chute encore plus prononcée des prix, rendant la production non viable. La Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces dynamiques de marché qui affectent la sécurité alimentaire et la viabilité économique des exploitations agricoles à travers le monde.
La disparité des prix : un cheval de bataille pour les producteurs
Toutes les organisations représentant les producteurs de Grenade dénoncent vigoureusement “l’énorme différence entre les prix reçus par l’agriculteur et ceux payés par les consommateurs pour les produits horticoles”. Cette disparité, souvent qualifiée de “pouce vert”, témoigne d’une chaîne de valeur où les marges sont inégalement réparties. Les agriculteurs se retrouvent avec des prix de vente très bas, parfois inférieurs à leurs coûts de production, tandis que le consommateur final continue de payer un prix élevé pour des produits comme le concombre. Ce phénomène alimente la spéculation et pénalise directement les producteurs, qui sont les premiers maillons de la chaîne.
Dans ce sens, le secteur exige des mesures concrètes pour prévenir et réprimer la spéculation sur les marchés des produits agricoles. Il ne s’agit pas seulement de demander des prix plus justes, mais de mettre en place un cadre réglementaire qui assure une meilleure transparence et une répartition plus équitable des revenus. L’instauration de contrats plus stables, la promotion de circuits courts et le soutien aux coopératives sont autant de pistes qui pourraient contribuer à rééquilibrer la situation. L’objectif est de garantir une rémunération décente aux agriculteurs pour leur travail et leurs investissements, tout en assurant l’approvisionnement du consommateur en produits frais et de qualité. HortiTecNews publie régulièrement des analyses sur ces enjeux majeurs du secteur.
Cette crise du concombre n’est qu’un exemple des difficultés auxquelles est confrontée l’agriculture espagnole et européenne. La volatilité des marchés, l’augmentation des coûts et les exigences des consommateurs en matière de durabilité et de qualité placent les producteurs dans une situation de constante adaptation. La solidarité entre les acteurs de la filière et le soutien des pouvoirs publics seront essentiels pour surmonter ces épreuves.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux difficultés actuelles concernant la commercialisation du concombre, les producteurs explorent diverses stratégies pour diversifier leurs revenus et réduire leur dépendance à un seul marché. Parmi les pistes envisagées, on retrouve la diversification des cultures, en se tournant vers des légumes moins sensibles aux fluctuations des prix ou à la concurrence internationale. Le développement de produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les conserves, les jus ou les produits transformés à base de concombre, est également une option. L’agrotourisme, qui permet de créer un lien direct avec le consommateur et de valoriser le savoir-faire agricole, gagne du terrain. Enfin, l’investissement dans la recherche et le développement de nouvelles variétés plus résistantes et adaptées aux conditions climatiques locales est crucial pour assurer la pérennité de l’activité.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix du concombre est-il si instable ?
Le prix du concombre est influencé par de nombreux facteurs : la météo (qui affecte la production et la qualité), la loi de l’offre et de la demande, les coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), les politiques agricoles, les embargos commerciaux et la spéculation sur les marchés. La campagne actuelle est particulièrement touchée par des températures élevées et des perturbations des flux commerciaux internationaux.
Qu’est-ce que le retrait du marché préconisé par Hortyfruta ?
Il s’agit d’une mesure visant à retirer du marché les lots de concombre qui ne répondent pas aux standards de qualité requis, ou qui risquent de saturer le marché et de faire chuter les prix. L’objectif est de réguler l’offre et de soutenir les prix pour garantir une rentabilité minimale aux producteurs.
Comment l’embargo russe affecte-t-il la filière concombre ?
L’embargo russe, imposé par la Russie sur les importations de certains produits agricoles européens, prive les producteurs espagnols d’un marché d’exportation important. Cela oblige à réorienter ces productions vers d’autres marchés, augmentant la concurrence et potentiellement baissant les prix.
Pourquoi y a-t-il une telle différence entre le prix à la ferme et le prix en magasin ?
Cette différence s’explique par les nombreux intermédiaires et les coûts associés à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement : transport, logistique, conditionnement, distribution, marges des grossistes et des détaillants. La spéculation peut également jouer un rôle dans cette disparité.
Source : radiogranada.es




