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Oranges : L’organisation professionnelle agricole ASAJA de Murcie tire la sonnette d’alarme face à un “effondrement” des prix pour la campagne actuelle, réclamant une régulation du secteur et une gestion plus efficace de l’offre. Cette situation préoccupante met en lumière les fragilités d’un marché mondialisé et les défis auxquels sont confrontés les producteurs d’agrumes, notamment les oranges, dans la région de Murcie et au-delà.
La crise des prix des Oranges : une menace pour les producteurs
Alfonso Gálvez Caravaca, Secrétaire général d’ASAJA Murcia, a qualifié la situation de “très difficile et compliquée”, soulignant des prix “très faibles” et un effondrement “très inquiétant”. Cette détresse est directement liée à une dynamique de marché déséquilibrée où l’offre semble excéder la demande solvable, entraînant une chute des cours qui fragilise la rentabilité des exploitations. L’organisation agricole appelle donc à une “gestion efficace de l’offre” afin d’éviter cette spirale descendante et de permettre aux producteurs de mieux valoriser leurs oranges. L’objectif est clair : stabiliser le marché et assurer une juste rémunération du travail agricole.
La problématique ne se limite pas à la seule région de Murcie. Au Maroc, par exemple, la variété “Maroc Late” est également confrontée à d’énormes difficultés. Un tonnage important de fruits reste encore sur les arbres, contraignant certains producteurs à des décisions drastiques, comme la récolte et la destruction des fruits. Cette mesure radicale vise à la fois à ne pas impacter négativement la production des campagnes futures et à éviter l’aggravation de problèmes phytosanitaires, tels que la prolifération de la cératite. Cette situation au Maroc, bien que distincte, illustre la pression généralisée qui pèse sur le marché des oranges.
Le contexte global du marché des oranges est marqué par une concurrence accrue et une pression constante sur les prix. Des facteurs tels que l’augmentation de la production dans certains pays émergents, les aléas climatiques affectant les rendements et la qualité, ainsi que les politiques commerciales internationales, contribuent à cette volatilité. Les producteurs européens, et espagnols en particulier, doivent faire face à des coûts de production structurellement plus élevés par rapport à leurs concurrents de régions où la main-d’œuvre et les intrants sont moins onéreux. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces dynamiques afin de proposer des pistes de réflexion pour un développement agricole plus durable et équitable.
Défis agronomiques et économiques des Oranges
Au-delà des aléas du marché, les producteurs d’oranges sont également confrontés à des défis agronomiques croissants. Le stress hydrique, exacerbé par le changement climatique, impose une gestion de l’eau de plus en plus rigoureuse et coûteuse. L’augmentation des prix des intrants agricoles, tels que les engrais, les produits phytosanitaires et l’énergie, pèse lourdement sur les marges. Ces coûts de production élevés rendent encore plus cruciale la nécessité de sécuriser des prix de vente décents. L’adaptation des pratiques culturales, l’adoption de variétés plus résistantes et la recherche de solutions d’irrigation économes en eau deviennent des impératifs pour la pérennité des exploitations.
La dynamique du “coût prix” versus “prix de vente” est au cœur de la crise actuelle. Le coût prix représente l’ensemble des dépenses engagées pour produire une tonne d’oranges : main-d’œuvre, intrants, amortissement du matériel, charges foncières, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par les mécanismes du marché, influencé par l’offre et la demande, la spéculation et la capacité de négociation des différents acteurs de la chaîne. Lorsque le prix de vente descend en dessous du coût prix, les producteurs subissent des pertes. C’est précisément cette situation que dénonce ASAJA Murcia. L’absence d’un prix plancher garanti ou de mécanismes de régulation efficaces rend les producteurs particulièrement vulnérables aux fluctuations du marché.
Il est également essentiel de considérer la concentration de l’offre et sa gestion rationnelle à l’échelle nationale. Une offre trop fragmentée ou mal coordonnée peut conduire à des situations de surabondance sur les marchés, même si la demande globale est présente. L’idée d’une gestion plus centralisée, visant à lisser les pics d’offre et à répondre de manière plus adéquate aux débouchés, est une piste de réflexion sérieuse. Dans ce cadre, l’initiative de regroupement des producteurs, comme celle promue par HortiTecNews, peut jouer un rôle crucial en renforçant leur pouvoir de négociation.
Les alternatives pour les producteurs d’Oranges
Face à cette conjoncture difficile, les producteurs cherchent des solutions pour diversifier leurs revenus et améliorer leur résilience. L’exploration de nouveaux marchés, notamment à l’exportation, peut offrir des opportunités, à condition de respecter les normes sanitaires et phytosanitaires spécifiques à chaque destination. Le développement de circuits courts, la vente directe aux consommateurs ou la transformation des fruits en jus ou autres produits dérivés, peuvent également constituer des alternatives intéressantes pour valoriser la production d’oranges et capter une plus grande partie de la valeur ajoutée. En Tunisie, par exemple, le Ministère de l’Agriculture joue un rôle clé dans le soutien aux filières agricoles, y compris celle des agrumes, par le biais de politiques incitatives et d’aides techniques.
FAQ sur la crise actuelle des Oranges
Pourquoi le prix des Oranges s’effondre-t-il ?
L’effondrement des prix des oranges est généralement dû à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Une production abondante, potentiellement supérieure aux besoins du marché ou à la capacité d’achat des consommateurs, entraîne une baisse des cours. D’autres facteurs comme la concurrence internationale, l’augmentation des coûts de production et la spéculation peuvent également jouer un rôle.
Quelles sont les conséquences pour les producteurs d’Oranges ?
Les producteurs subissent des pertes financières importantes lorsque le prix de vente est inférieur à leurs coûts de production. Cela peut entraîner un endettement, une diminution des investissements dans les exploitations, voire l’abandon de l’activité pour certains. La survie de nombreuses exploitations familiales est menacée.
Que demande ASAJA Murcia pour résoudre cette crise ?
ASAJA Murcia réclame une régulation du secteur, une gestion plus efficace de l’offre pour éviter les excédents, et une adaptation de l’offre à la demande. Ils souhaitent également une réduction des coûts de production et une meilleure valorisation des oranges sur le marché.
Comment le changement climatique affecte-t-il la production d’Oranges ?
Le changement climatique peut entraîner une augmentation du stress hydrique, des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, gelées tardives) affectant les rendements et la qualité des fruits. Il peut également favoriser la prolifération de ravageurs et de maladies, augmentant les coûts de protection des cultures.




