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Tunisie : La récolte des olives à Sfax confrontée à une pénurie critique de main-d’œuvre
La saison de la récolte des olives a officiellement débuté à Sfax le dimanche 9 novembre, promettant une année record pour la production oléicole de la région. Les services agricoles locaux estiment que la campagne devrait générer plus de 450 000 tonnes d’olives, se traduisant par environ 100 000 tonnes d’huile d’olive. Si ces chiffres sont réjouissants pour le secteur, ils soulèvent dans le même temps des défis majeurs, notamment en matière d’écoulement de la production, de protection des récoltes contre le pillage, et plus particulièrement, d’une pénurie criante de main-d’œuvre qualifiée pour la cueillette.
Face à ces enjeux, les autorités régionales se mobilisent. Le gouverneur de Sfax, Mehdi Chelbi, a souligné les efforts déployés pour sécuriser la récolte. Des patrouilles de police ont été renforcées et ont déjà permis l’arrestation de plusieurs individus suspects et la saisie de véhicules transportant des quantités d’olives destinées à la vente clandestine. Ces mesures visent à dissuader le vol et à garantir que la production bénéficie légitimement aux producteurs.
Un potentiel de production considérable et des besoins en main-d’œuvre accrus
Selon Ridha Haj Salem, commissaire régional au développement agricole, la région de Sfax s’apprête à mobiliser une force de travail impressionnante. La cueillette concernera près de 7,5 millions d’oliviers, répartis sur une superficie de 350 000 hectares. Cette étendue représente un dixième des oliveraies nationales, soulignant l’importance stratégique de Sfax dans le paysage oléicole tunisien. La campagne de récolte s’étendra sur une période de cinq mois, une durée qui devrait générer plus de 4 millions de journées de travail. C’est précisément dans la mobilisation de ces dizaines de milliers de journées de travail que réside l’un des principaux points de friction de cette saison.
La disponibilité de saisonniers, tant locaux qu’immigrés, est un facteur déterminant pour la réussite de chaque campagne. Or, cette année, de nombreux agriculteurs font état de difficultés à trouver suffisamment de main-d’œuvre. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : une concurrence accrue d’autres secteurs en période de récolte, un exode rural persistant, ou encore des conditions de travail qui ne répondent plus toujours aux attentes de la main-d’œuvre actuelle. Cette tension sur le marché du travail pourrait avoir des conséquences directes sur les coûts de production et potentiellement sur les délais de récolte, avec le risque de voir une partie de la récolte mûrir excessivement ou tomber au sol.
L’écoulement de la production : une garantie pour les producteurs
Concernant l’écoulement de la production, les acteurs du secteur se veulent rassurants. L’Office National de l’Huile (ONH) a réitéré ses engagements auprès des agriculteurs et producteurs, leur garantissant des débouchés pour leur récolte. Lors d’une récente réunion de travail au siège du gouvernorat, un représentant de l’ONH a affirmé que des investissements exceptionnels seraient mobilisés pour assurer le bon déroulement de la saison commerciale. L’ONH joue un rôle crucial dans la stabilisation du marché, en intervenant notamment pour absorber les excédents de production et en assurant la promotion de l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux.
La garantie de l’écoulement est d’autant plus importante que la Tunisie est l’un des plus grands producteurs mondiaux d’huile d’olive. La compétitivité du secteur repose sur sa capacité à exporter une grande partie de sa production, ce qui nécessite une coordination sans faille entre les producteurs, les transformateurs et les organismes d’exportation. Pour une vision plus large des enjeux du marché mondial de l’huile d’olive, il est pertinent de consulter les analyses et statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Perspectives et enjeux pour l’avenir
La saison 2023-2024 s’annonce donc comme un test pour le secteur oléicole de Sfax. Au-delà de la quantité, la qualité de l’huile d’olive tunisienne est un atout majeur qu’il faut continuer à valoriser. La main-d’œuvre reste cependant le maillon faible de la chaîne, un défi structurel qui nécessite des solutions à long terme. L’investissement dans la formation des jeunes aux métiers de l’agriculture, l’amélioration des conditions de travail dans les oliveraies, ou encore le recours à des technologies d’aide à la cueillette pourraient être des pistes à explorer.
La protection des récoltes contre le vol et le trafic illicite reste également une préoccupation constante. La collaboration entre les forces de sécurité et les producteurs est essentielle pour endiguer ce phénomène qui pénalise l’ensemble de la filière. Pour des informations sur la réglementation et le contrôle sanitaire des produits agricoles en Tunisie, le site du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche est une source d’information fiable.
Dans un contexte économique mondial incertain, la capacité de la Tunisie à soutenir son secteur oléicole est primordiale. La gestion efficace des défis liés à la main-d’œuvre, à l’écoulement des produits et à la sécurisation des récoltes sera déterminante pour l’avenir de cette filière emblématique. Pour rester informé des innovations et des actualités du secteur, consultez HortiTecNews.
Source : webmanagercenter.com




