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Les Tomates Marocaines sous le Feu des Projecteurs aux Îles Canaries : Le SITCA Alerte sur des Doutes de Légalité et une Concurrence Déloyale.
Une vive préoccupation émane du Sindicato Independiente de Trabajadores de Canarias (SITCA), principal syndicat indépendant des travailleurs des Canaries. L’organisation syndicale a publiquement exprimé des doutes sérieux quant à la légalité de l’importation actuelle de tomates en provenance du Maroc vers l’archipel. Au-delà des considérations juridiques, le SITCA qualifie ces importations d'”immorales”, anticipant des conséquences désastreuses pour la production locale de tomates, un secteur vital pour l’économie canarienne.
SITCA Initie une Analyse Juridique Approfondie sur les Importations de Tomates Marocaines
Dans un communiqué officiel, le SITCA a révélé que ses services juridiques sont activement engagés dans une démarche visant à déterminer si les pratiques d’importation de tomates marocaines constituent une infraction pénale. L’organisation pointe du doigt une potentielle “concurrence impitoyable et illégale”, et n’exclut pas la possibilité d’engager des poursuites judiciaires si les faits le justifient. Cette initiative souligne la détermination du syndicat à défendre les intérêts des agriculteurs locaux face à ce qu’il perçoit comme une concurrence faussée.
Le syndicat déplore également un manque de respect flagrant de la part des différentes administrations, qu’elles soient canariennes ou étatiques, à l’égard des “100% des engagements pris avec le secteur”. Ce désengagement, selon le SITCA, est un facteur déterminant dans le “déclin massif” observé dans le secteur agricole, et plus particulièrement au sein de la filière tomate. Les promesses de soutien et de protection du marché local semblent avoir été, dans une large mesure, ignorées, laissant les producteurs canariens démunis face à la pression de la concurrence internationale.
Un Cadre Réglementaire Européen en Péril ?
Le SITCA met en garde les autorités contre toute forme de soutien économique aux importations de produits agricoles provenant de pays tiers. L’organisation syndicale estime que de telles pratiques pourraient marquer “le début de la fin du secteur de la tomate dans les îles Canaries”, un secteur qui assure le gagne-pain de 16 000 familles. L’enjeu économique est donc considérable, allant bien au-delà de la simple production agricole pour toucher la structure sociale de l’archipel.
Dans son communiqué de presse, le SITCA s’appuie sur des directives communautaires pour étayer son argumentation. Ces directives, selon le syndicat, expriment “clairement” qu’il est interdit de subventionner des produits en provenance de pays tiers lorsqu’ils entrent en concurrence déloyale avec la production locale. Le non-respect de ces principes fondamentaux du droit européen pourrait rendre les actions des administrations canariennes illégales. L’Union européenne prône une agriculture équitable et durable, et le SITCA entend s’assurer que ces principes sont respectés.
Le syndicat s’interroge également sur les mécanismes de subvention qui pourraient bénéficier à certains importateurs, sans tenir compte de l’impact dévastateur sur “la consommation de la tomate des îles Canaries”. Comment, demande le SITCA, a-t-on pu autoriser l’importation de produits qui ne satisfont pas “au minimum des contrôles phytosanitaires” requis ? Cette question soulève des inquiétudes majeures quant à la sécurité alimentaire et au respect des normes sanitaires, essentielles pour protéger à la fois les consommateurs et les producteurs locaux.
Exploitation des Travailleurs et Compétition Déloyale : Le Point de Rupture
Ce qui semble être le point le plus critique pour le SITCA est l’origine marocaine de ces importations. Le syndicat affirme que ces produits proviennent d’un pays où l'”on exploite et bafoue les droits des travailleurs”. Cette dimension éthique et sociale de la concurrence est un argument de poids pour le SITCA, qui dénonce une situation où la compétitivité est acquise au détriment des conditions de travail et du respect de la dignité humaine. Pour le syndicat, il est inacceptable de construire un modèle économique sur l’exploitation, surtout lorsque cela porte atteinte à des producteurs locaux qui respectent les normes sociales et environnementales.
Le secteur de la tomate aux Îles Canaries, historiquement important, fait face à des défis structurels majeurs. La concurrence des pays tiers, souvent caractérisée par des coûts de production plus bas dus à des réglementations sociales et environnementales moins contraignantes, met une pression constante sur les producteurs locaux. L’Union Européenne, à travers diverses politiques agricoles et commerciales, cherche à concilier l’ouverture des marchés avec la protection de ses propres secteurs stratégiques. Les directives relatives aux importations de fruits et légumes de pays tiers visent à garantir que ces produits respectent des normes similaires à celles imposées aux producteurs européens. Le non-respect de ces règles, s’il est avéré, représenterait une faille significative dans le système.
Les agriculteurs canariens, souvent confrontés à des conditions climatiques difficiles et à des coûts logistiques élevés pour l’approvisionnement de l’archipel, se retrouvent ainsi en position de faiblesse. L’espoir d’une réelle reconversion agricole et d’un soutien pérenne aux productions locales semble s’éloigner si les instances de régulation ne parviennent pas à garantir une concurrence équitable. Les enga
gements pris par les administrations, qu’ils soient en matière de soutien économique, de contrôles phytosanitaires ou de respect des normes sociales, doivent être tenus pour assurer la survie et le développement du secteur de la tomate aux Îles Canaries.
Le SITCA, par son action, lance un appel clair : il est temps de faire respecter les règles du jeu. La légalité des importations de tomates marocaines, les conditions de concurrence, et le respect des droits des travailleurs sont autant de points cruciaux qui nécessitent une réponse rapide et transparente des autorités compétentes. L’avenir de milliers de familles et d’un secteur agricole emblématique des Canaries est en jeu.
Pour approfondir la question des normes agricoles internationales et des contrôles sanitaires, il est recommandé de consulter les ressources de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), ainsi que les informations fournies par le Ministère de l’Agriculture de la France, qui participe activement aux discussions sur les politiques agricoles au sein de l’Union Européenne. Concernant les normes phytosanitaires spécifiques au Maroc, le Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes du Maroc est la source d’information officielle.
Pour suivre l’évolution de ce dossier et d’autres actualités du secteur horticole, consultez HortiTecNews.




