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La tomate « Suncrops » aux Canaries : les producteurs espagnols s’indignent face à une concurrence jugée déloyale
Les producteurs de tomates des îles Canaries traversent une période particulièrement éprouvante. La récente distribution massive de tomates marocaines, commercialisées sous la marque “Suncrops” et importées par Mercalaspalmas, a suscité une vive indignation au sein de la profession. Plus de cinq tonnes de ces fruits, expédiés depuis Agadir, ont fait leur apparition dans les grandes surfaces et supermarchés de l’archipel sans que leur origine marocaine ne soit clairement signalée. Cette situation a conduit l’organisation “Plataforma por la Defensa del Tomate, Frutas y Hortalizas de Canarias” à déposer une plainte officielle, dénonçant une concurrence jugée “méprisable” et potentiellement dévastatrice pour l’agriculture locale.
La “Plataforma” souligne avec force les conséquences désastreuses que cette pratique pourrait avoir sur les milliers de travailleurs canariens déjà fragilisés par la crise que connaît le secteur de la tomate. L’organisation rappelle que depuis plus d’une décennie, les producteurs des Canaries alertent sur les dommages causés par les accords commerciaux passés entre l’Union Européenne et le Maroc. Ces accords, mis en place sans étude d’impact préalable sur les productions communautaires, ont fragilisé la compétitivité des agriculteurs européens, et particulièrement ceux des îles à statut spécifique comme les Canaries. La bataille, menée sur les marchés européens, se révèle souvent stérile face à des prix tirés vers le bas par des importations aux conditions de production drastiquement différentes.
La situation est d’autant plus inacceptable pour les producteurs canariens que, selon la “Plataforma”, ils n’ont pas encore perçu les sommes qui leur sont dues par l’administration. Face à cette précarité financière, ils se retrouvent dans l’incapacité de rivaliser avec des productions qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales en vigueur en Europe. Des rapports, tels que celui de Fairfood International, mettent en lumière des conditions de travail extrêmement difficiles et des salaires dérisoires pour les ouvriers agricoles au Maroc, ne dépassant souvent pas huit euros par jour pour des journées de labeur éreintantes. Cette disparité crée une distorsion de concurrence flagrante, pénalisant directement les producteurs qui s’efforcent de respecter les exigences européennes en matière de qualité, de sécurité alimentaire et de conditions de travail.
L’enjeu de cette affaire dépasse largement le cadre de la simple concurrence commerciale. Il s’agit de la survie d’un secteur agricole emblématique des îles Canaries, qui joue un rôle crucial dans l’économie locale et l’emploi. La dépendance accrue aux importations, conjuguée à une concurrence déloyale, menace à terme la capacité de production propre et l’autosuffisance alimentaire de l’archipel. La “Plataforma” cherche à alerter les consommateurs sur l’importance de leurs choix d’achat. En privilégiant la tomate cultivée localement, les consommateurs peuvent devenir des acteurs clés du soutien à l’agriculture canarienne et contribuer à la préservation de cet héritage économique et social.
Face à cette situation alarmante, la “Plataforma por la Defensa del Tomate, Frutas y Hortalizas de Canarias” exhorte les pouvoirs publics à une vigilance accrue et à des mesures concrètes pour garantir une concurrence équitable. Il est impératif que les règles commerciales soient appliquées dans le respect des normes européennes, tant en matière de qualité que de conditions sociales. La transparence sur l’origine des produits, telle que réclamée par la “Plataforma”, est une première étape essentielle pour permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés et de soutenir les producteurs locaux.
Les producteurs canariens attendent des avancées significatives. Ils plaident pour une révision des accords commerciaux qui garantisse une protection adéquate de leurs productions. De plus, ils demandent des actions concrètes pour faire respecter les réglementations en vigueur et pour que les importations ne viennent pas saper les efforts des agriculteurs européens. L’avenir de la filière tomate aux Canaries dépendra de la capacité des institutions européennes et espagnoles à répondre à ces préoccupations légitimes et à assurer un cadre de marché juste et durable.
En attendant, la “Plataforma” mise sur la sensibilisation. Elle appelle les consommateurs à faire preuve de responsabilité et à exiger la tomate originaire des îles Canaries. C’est par la demande directe et la valorisation des produits locaux que les producteurs pourront espérer inverser la tendance et assurer la pérennité de leur activité. Cet appel résonne comme un message d’espoir pour un secteur en difficulté, mais résolument engagé dans la défense de ses savoir-faire et de son identité.
Pour plus d’informations sur les défis de l’agriculture internationale et les réglementations en vigueur, il est conseillé de consulter les ressources de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les communications du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation espagnol. Les protocoles sanitaires et les exigences d’importation sont également encadrés par des organismes tels que l’Office National de Sécurité Sanitaire des Aliments (ONSSA) du Maroc, dont les rapports pourraient éclairer les pratiques de production.
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