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Quand les plantes lancent un SOS : la réponse spectaculaire des guêpes face aux ravageurs
Dans le monde agricole, la lutte contre les ravageurs est un enjeu constant. Si les solutions chimiques ont longtemps dominé, la recherche scientifique met en lumière des mécanismes naturels d’une efficacité redoutable. L’odeur dégagée par les plantes, souvent perçue comme un simple arôme, se révèle être un puissant signal de détresse. Une molécule clé, l’acide jasmonique, joue un rôle central dans cette communication végétale, attirant des alliés inattendus : les guêpes parasites, véritables auxiliaires de culture.
Un signal olfactif : plus qu’une simple odeur, un appel à l’aide
L’arôme familier de l’herbe fraîchement coupée, ou celui émis par d’autres plantes lorsqu’elles sont blessées, est loin d’être anodin. Il s’agit d’un langage chimique, un véritable cri d’alarme émis par la plante attaquée par des insectes ravageurs ou endommagée mécaniquement. Ces signaux volatils ne sont pas émis dans le vide ; ils parviennent à attirer d’autres organismes, souvent des insectes prédateurs ou parasites, qui se nourrissent des espèces nuisibles aux cultures. Cette stratégie de défense indirecte, baptisée “réponse aux herbivores”, est une facette fascinante de l’écologie végétale.
L’acide jasmonique : un chef d’orchestre de la défense végétale
Une étude novatrice, publiée dans la revue scientifique *The Plant Journal* et portant sur des cultures emblématiques comme le maïs et l’herbe de gazon, a permis d’identifier une molécule déterminante dans ce processus : l’acide jasmonique. Cette substance joue un rôle biface crucial. D’une part, elle agit comme un signal interne, déclenchant au sein de la plante la production d’autres composés, notamment des phytochimiques qui peuvent avoir des propriétés insecticides directes ou rendre la plante moins appétissante pour les ravageurs (composés amers, par exemple). D’autre part, et c’est là l’aspect le plus remarquable de cette découverte, l’acide jasmonique est également un puissant signal externe. Il est relâché dans l’atmosphère sous forme de composés volatils, agissant comme un véritable “SOS” olfactif.
Les guêpes parasites : des alliées naturelles sollicitées par les plantes
Ce signal de détresse attire des auxiliaires précieux, notamment certaines espèces de guêpes parasites. Contrairement aux guêpes communes, ces insectes hyménoptères ne s’attaquent pas aux plantes, mais parasiteront les insectes ravageurs eux-mêmes. Les chercheurs ont mené des expériences probantes en utilisant des plants de maïs génétiquement modifiés pour ne pas produire d’acide jasmonique. Ces plants, lorsqu’ils étaient attaqués par des chenilles, ne provoquaient aucune réaction chez les guêpes parasites. En revanche, les plants de maïs conventionnels, produisant de l’acide jasmonique, attiraient massivement ces guêpes dès l’apparition des premiers dégâts causés par les chenilles. Michael Kolomiets, spécialiste en pathologie végétale et auteur principal de l’étude, explique que les guêpes parasitent activement les chenilles en pondant leurs œufs à l’intérieur de celles-ci, contribuant ainsi à réduire la population de ravageurs et à protéger la plante.
Une double fonction pour une défense optimisée
L’acide jasmonique se révèle ainsi être une molécule aux fonctions multiples et stratégiques pour la survie des plantes. Sa capacité à activer simultanément des mécanismes de défense internes (production de composés répulsifs ou toxiques pour les ravageurs) et à mobiliser des alliés externes (les guêpes parasites) en fait un pilier de la stratégie de défense des plantes. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de solutions de lutte biologique plus ciblées et plus respectueuses de l’environnement. En comprenant et en exploitant ces signaux naturels, il devient possible de favoriser l’action des auxiliaires de culture, réduisant ainsi la dépendance aux produits phytosanitaires conventionnels.
Au-delà des guêpes : un répertoire complexe de signaux végétaux
Les travaux de recherche ne s’arrêtent pas là. Il semblerait que le gène régissant la production d’acide jasmonique ait également un rôle dans la résistance à la sécheresse, les plants de maïs modifiés montrant une sensibilité accrue à ce stress hydrique. Les scientifiques explorent activement ces pistes pour mieux comprendre la résilience des plantes. Par ailleurs, cette étude s’inscrit dans un effort de recherche plus vaste visant à recenser et à catégoriser les quelque 600 molécules de signalisation différentes connues chez les plantes. Ce répertoire complexe de signaux témoigne de l’ingéniosité de la nature et offre un potentiel immense pour l’agriculture de demain.
Perspectives pour l’agriculture B2B
Pour les professionnels du secteur agricole, de la production à l’import-export, la compréhension de ces mécanismes naturels représente une opportunité stratégique majeure. L’exploitation des signaux d’alerte des plantes et la promotion de l’action des insectes auxiliaires, comme les guêpes parasites, s’inscrivent pleinement dans les enjeux actuels de durabilité, de réduction des intrants chimiques et de recherche de performance économique. Favoriser la biodiversité au sein des exploitations, optimiser les conditions de vie des auxiliaires et potentiellement développer des “stimulants” végétaux basés sur ces signaux pourrait révolutionner les pratiques culturales.
Pour approfondir les enjeux liés à la protection des cultures et aux innovations en agriculture, consultez les ressources de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA) ou le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
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