Souscription au projet de la station de dessalement de Chtouka : Plus de 8.111 ha déjà couverts

L’agriculture dans la région nécessite des ressources hydriques conséquentes

L’opération de souscription au projet d’irrigation en eau de mer dessalée à Chtouka enregistre un fort engouement de la part des agriculteurs et investisseurs agricoles. Plus de 8.111 ha sont désormais couverts.

Le siège de la province de Chtouka Ait Baha a abrité lundi une réunion consacrée à la présentation de l’état d’avancement du mégaprojet de dessalement de l’eau de mer, et qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, la société espagnole Abengoa, et Aman El Baraka.  Selon les données présentées lors de cette réunion, l’opération de souscription lancée le 15 décembre dernier a été accueillie favorablement par les agriculteurs et investisseurs agricoles dans la plaine de Chtouka.

Ce projet d’envergure, le premier du genre, est né de la prise de conscience commune de l’ensemble des acteurs aux niveau local, régional et national, de la baisse alarmante de la disponibilité des ressources en eau. Le projet est initié dans la plaine de Chtouka, située à une trentaine de kilomètres au sud d’Agadir et à l’est du Parc national du Souss-Massa. Il vise à atteindre de nombreux objectifs durables, dont le premier est la préservation de la nappe phréatique de Chtouka, dont le déficit hydraulique est estimé à plus de 60 millions m3 annuellement.

L’idée du projet trouve son origine dans l’étude de pré-faisabilité, réalisée par le département de l’agriculture avec le soutien de la FAO, complétée par celle effectuée par l’Agence du bassin hydraulique du Souss-Massa. Ces études ont mis en exergue le fait que le projet d’irrigation dans la zone de Chtouka à partir d’une ressource en eau non conventionnelle, à savoir l’eau de mer dessalée, est indispensable en parallèle de réelles mesures de contrôle des prélèvements sur la nappe.

Cette nouvelle ressource vient en substitution partielle ou totale de l’eau prélevée dans la nappe et en complément de celle du barrage Youssef Ben Tachfine pour les exploitations du périmètre public du Massa.

S’inscrivant intégralement dans les objectifs stratégiques du Plan Maroc Vert (PMV), et dans les objectifs du Plan agricole régional, ce projet ambitionne essentiellement la sauvegarde des ressources en eau et leur développement, tout en garantissant le capital investi dans l’agriculture d’exportation. La plaine de Chtouka, étalée sur 1.600 km2, relève de la région Souss-Massa. Elle dépend administrativement de la province Chtouka Ait Baha dont la population est de 371.102 habitants avec 257.571 (70%) ruraux et 113.531 urbains (30%) selon le RGPH de 2014 (HCP).  Elle se caractérise par une activité agricole particulièrement bien développée et constitue même la première région primeuriste du pays. Les tomates de Chtouka Aït-Baha et les agrumes de qualité supérieure sont le résultat d’une agriculture moderne qui n’a cessé de s’imposer sur le plan international. C’est une agriculture orientée vers l’exportation et qui fait de la région Souss-Massa une région compétitive ouverte sur le reste du monde.

Exportant vers l’Union européenne, l’Amérique du Nord et la Russie entre autres, la province dispose de stations d’emballage de primeurs de premier plan.

L’agriculture moderne au niveau de cette plaine qui génère des entrées considérables occupe une main-d’œuvre importante et permet le développement de l’industrie agroalimentaire. Les activités agricoles intenses dans cette zone nécessitent des ressources considérables en eau au regard du climat semi-aride à subdésertique qui caractérise la zone, avec des précipitations annuelles faibles et irrégulières (20 à 30 j/an), atteignant en moyenne 140 à 200 mm/an. C’est un climat qui favorise la mise en valeur agricole dans la région mais qui nécessite des ressources hydriques conséquentes.

Source : aujourdhui.ma

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