Produits marocains du terroir: A Berlin, l’export au féminin

Au moins huit coopératives féminines, représentant plus de 250 femmes venant d’Agadir, Essaouira, Tétouan ou encore, Khouribga, veulent devenir exportatrices. Le dessein est ambitieux et les premiers pas ont déjà été faits.

Ces femmes ont pris l’avion pour Berlin afin de promouvoir leur production et montrer leur savoir-faire.

Assise sur sa chaise derrière son comptoir, Jemaa est une veuve d’une cinquantaine d’années, issue de la région de Khouribga. Après la mort de son mari, elle décide de rejoindre la coopération féminine Couscous El Hadga.

A l’instar des 30 femmes de sa coopérative, Jemaa travaille pour subvenir à ses besoins. C’est son premier voyage à l’étranger et elle en comprend parfaitement les enjeux.

Sa participation à la Semaine verte de Berlin 2017, lui permettra de valoriser son travail et celui de la coopérative, devenue le centre de son existence.

Sa collègue, Khadda, est médecin retraitée. Passionnée de l’action associative, elle est présidente d’honneur de cette coopérative née en 2015.

Lors des quatre premiers jours du salon, Khadda et sa partenaire ont réussi à vendre plus de 30% de leurs produits. Elles vendent 10 variétés de couscous marocain, fait authentiquement par les femmes du village.

Vendu à un prix qui demeure “très abordable pour le consommateur allemand” (500 g à 3 euros), Khadda avoue une petite difficulté à commercialiser son couscous. “A l’encontre du marché français par exemple, le couscous est moins connu par les Allemands. Certains le connaissent déjà, mais la plupart sont encore au stade de la découverte.”

A quelques pas, sa voisine qui nous vient d’Essaouira. Cette jeune femme de 30 ans est présidente de la coopérative Mogador.

Hasna est spécialiste dans l’extraction de l’huile d’argan.

Avec sa collègue, elle a récolté près de 20.000 DH de ventes en quatre jours. Le secret, nous dit-elle, est la cosmétique.

“Jusqu’à maintenant, nos ventes sont essentiellement relatives aux produits de cosmétique extraits de l’huile d’argan. Notre clientèle est principalement féminine.”

Hasna parle de 35% de son stock déjà vendu. Les prix qu’elle propose, varient entre 13 et 30 euros pour l’huile de cosmétique et entre 15 et 45 euros pour l’huile alimentaire. Elle n’hésite pas à faire quelques réductions pour satisfaire ses visiteurs.

La présidente voit grand. Agréée par l’Onssa, la coopérative veut élargir son champ d’opération et s’ouvrir à l’export, le but étant de produire 1 tonne d’huile d’argan par mois dans les trois prochaines années.

Cherchant une troisième ambassadrice, notre choix n’a pas été très difficile. De belles odeurs attirent de loin même les moins curieux. Se laissant guider par ses sens, on arrive enfin à en trouver l’essence de ses senteurs apaisantes et rafraîchissantes.

On est chez Hafida, une jeune femme de Tétouan dont le stand sent un jardin de menthe, de verveine, de fleur d’oranger, de rose, de henné, de lavande, …

Présidente de l’association Nouara Ain Lahjar, cette femme, dans la quarantaine, a pu écouler plus de 50% de son stock. Les prix des produits vont de 5 à 7 euros.

“Certains de nos produits ont été même écoulés, alors que la demande est encore là”, nous assure Hafida.

Cette coopérative située entre Tétouan et Chefchaouen, emploie 28 femmes de la région. Toutes agricultrices, elles disposent de leurs propres terres et produisent, elles-mêmes, leurs marchandises constituées de plantes médicinales séchées et d’huiles essentielles.

“Certains de nos clients n’hésitent pas à nous dire que ces huiles existent déjà en Allemagne, mais finissent par les acheter. La force de nos produits réside dans leur caractère naturel et pur”, se félicite Hafida.

Le portefeuille client de la coopérative est constitué, entre autres, de Turques et d’Iraniens. Durant le salon, elle a été contactée par un importateur allemand intéressé par le jardin de Hafida.

Toutes ces femmes, ainsi que tous les autres exposants du pavillon marocain lors de la semaine agricole de Berlin, verront leurs efforts encore plus appuyés. Les bests of des produits du terroir marocains présents sur place seront exposés au Marshall-Haus.

Il s’agit d’un nouveau concept introduit lors de l’édition 2016, qui consiste en la mise en place d’un stand unique qui regroupe les meilleurs produits par pays.

“Cette vitrine est destinée nécessairement aux professionnels pour découvrir les meilleurs produits du salon. Chose qui permettra un contact professionnel direct avec l’exposant”, déclare à Médias 24, Othmane Michbal, chef du département promotion des exportations à l’EACCE.

Etant un salon B to C (busines to consumer), le Marshall-Haus va ajouter au salon un aspect professionnel.

“Il y a une quarantaine de produits exposés au Marshall-Haus. Les organisateurs s’attendent à plus de 400 visites professionnelles. Quand un importateur est intéressé par un produit marocain, l’EACC fixe un rendez-vous entre ce client et l’exposant au sein même du pavillon marocain, afin de signer un contrat de commercialisation”.

Le focus a été mis cette année sur les produits qui s’écoulent rapidement (comme l’huile d’argan et l’huile d’olive extra vierge) et les plus demandés par le consommateur allemand.

Source : medias24.com

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