L’export des fruits et légumes bientôt interdit à cause des LMRs Maroc !!

Pour ceux qui l’ignorent le Maroc dispose d’une réglementation qui fixe les LMR (limites maximales de résidus de pesticides sur un produit végétal qu’un être humain peut consommer toute sa vie sans risque sur sa santé) sur les  produits primaires et alimentaires « Arrêté conjoint du ministre de l’agriculture et de la pêche maritime et du ministre de la santé n°156-14 du 15 rabia I 1435 (17 janvier 2014) fixant les limites maximales autorisées de résidus des produits phytosanitaires dans ou sur les produits primaires et les produits alimentaires. (BO n°6322bis du 01/01/2015, page 238) »

Le Maroc est un état souverain et le fait de fixer des LMRs est une initiative tout à fait louable pour protéger le consommateur et qui vient s’ajouter à un arsenal réglementaire en matière de gestion des pesticides.

Mais voilà que cet arrêté n’a pas été mis à jour depuis 2014 et que des situations tout à fait insolites commencent à surgir de plus en plus. Ainsi, Monsieur A.R qui est exportateur de fruits vers le marché allemand, de loin parmi les destinations les plus strictes en matière de résidus, a découvert, après des analyses de résidus de routine, que ses fraises sont conformes pour le marché allemand mais ne le sont pas pour le marché local !!

Ce producteur – qui est certifié selon le référentiel des bonnes pratiques agricoles GLOBALG.A.P – déclare avoir reçu un écrit de son organisme certificateur qui insiste sur la nécessité de respecter les LMRs de toutes les destinations de ses fruits. Selon les modalités générales de GlobalG.A.P,  le pays de production est par défaut la première destination de sa marchandise et ses LMRs doivent être respectées pour pouvoir garder son certificat qui est devenu quasi obligatoire pour l’export des produits agricoles.

BRC V8

La situation de ce producteur n’est pas isolée et concernera de plus en plus de producteurs qui en utilisant certaines molécules, pourtant homologuées au Maroc, se retrouveront contraints à se plier à une LMR de 0,01 mg/kg qui est la limite de détection comme l’exige la réglementation marocaine dans le cas d’une molécule qui n’est pas listée dans les annexes dans l’arrêté cité ci-haut.

En parcourant la liste des LMR du Maroc, nous avons constaté que plusieurs matières actives utilisées n’ont pas de LMR. Et le plus contraignant est que l’arrêté de 2014 indique qu’en absence de la LMR au niveau national c’est la LMR du Codex Alimentarius  qui fait foi. Et qu’en cas d’absence de la LMR même au niveau du Codex c’est la limite de détection de la molécule en question qui est de 0,01 mg/kg qui devient la référence. Or, et comme le sait tout agronome et producteur un produit récolté juste après expiration du DAR (délai avant récolte) contiendra généralement des molécules dépassant la limite de détection de 0,01 mg/Kg.

D’ailleurs l’APEFEL (Association Marocaine des Producteurs et Producteurs Exportateurs de Fruits et Légumes) a adressé un écrit le 14/01/2019 sur le sujet adressé au ministre de l’agriculture pour la mise à jour de l’arrêté. Cet écrit cite beaucoup d’exemples que nous résumons dans le tableau ci-après :

En résumé on peut se retrouver avec des fruits et légumes qui respectent les LMR de l’UE mais ne respectent  pas celles du Maroc !

En plus, le Maroc dispose d’une réglementation sur les LMRs qui n’est pas prise en compte par les agents de l’ONSSA (l’office National de sécurité sanitaire des produits alimentaires) et l’EACCE (l’Etablissement Autonome de contrôle et coordination des Exportations) qui sont deux entités responsables de la sécurité sanitaire des produits alimentaires destinés à la consommation au Maroc et/ou à l’export. En effet, beaucoup de responsables de stations de conditionnement affirment que les représentants de ces deux entités vérifient uniquement la conformité des analyses de résidus par rapport à la destination à l’export.

Mais GlobalG.A.P considère les réglementations des pays de production comme importantes et doivent être respectées. Donc tout producteur exportateur doit respecter la réglementation marocaine en termes de LMRs pour être certifié. Les producteurs seront bloqués à l’export sans ce certificat exigé par quasiment tous les marchés rémunérateurs.

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1 réponse

  1. Karima GHALI dit :

    Bonjour
    Suite à ce sujet abordé fortement important, tant que la traçbailité n’est pas assurée ni exigé dans le marché local, On pourra jamais parlé ni contrôlé le respect des LMRS marocains.
    un autre point le produit certifié avec respect de plein d’exigences n ‘est pas valorisé dans notre marché malheureusement.

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