Les insecticides néonicotinoïdes tuent les abeilles, en voici une preuve de plus

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Une preuve de plus que les néonicotinoïdes présents dans certains pesticides sont néfastes pour les abeilles. Selon une étude publiée dans leJournal of the Federation of American Societies for Experimental Biology, de faibles taux de néonicotinoïdes suffisent pour détériorer les cellules nerveuses des abeilles.

Les chercheurs, des universités de St Andrews et Dundee (Ecosse), ont fourni à des bourdons de la nourriture contenant un taux de néonicotinoïdes utilisé en moyenne dans l’agriculture. Puis ils ont mesuré à quel point ces pesticides s’accumulaient dans leur cerveau.

Impossible de reconnaître l’odeur des fleurs

Sans surprise, ils ont constaté que les néonicotinoïdes agissaient rapidement, empêchant les mitochondries des cellules nerveuses de fonctionner correctement.

Résultat, les bourdons ne pouvaient pas vaquer à leurs occupations habituelles. Ils ne pouvaient pas apprendre des techniques essentielles pour reconnaître l’odeur d’une bonne fleur ou mémoriser leur trajet pour retourner dans leur colonie. Ce ne sont pas les seuls dommages causés aux abeilles. Les chercheurs ont également constaté que de faibles taux de néonicotinoïdes entraînaient:

  • une réduction de 55% du nombre d’abeilles vivantes
  • une réduction de 71% des couvains (ensemble des œufs, larves et nymphes) en bonne santé
  • une réduction de 57% de la masse totale d’un nid d’abeille

Ce n’est évidemment pas la première fois que les conséquences des néonicotinoïdes sont pointées du doigt. « Les abeilles doivent apprendre plein de choses sur leur environnement, dont la façon de récolter du pollen sur les fleurs. L’exposition à cet insecticide néonicotinoïde semble empêcher les abeilles d’être capable d’apprendre leurs compétences essentielles », expliquait en juillet 2014 l’auteur d’une étude anglaise.

Empoisonnement du système nerveux

Les abeilles ne sont d’ailleurs pas les seules concernées: oiseaux et vers de terrepourraient également en souffrir.

« Sans aller jusqu’à les tuer directement, ils empoisonnent le système nerveux, entraînant des pertes de l’orientation et des troubles du comportement », soulignait quant à lui Peter Rosenkranz sur Arte, spécialiste de la question. « Bien sûr, cela n’est pas valable pour tous les néonicotinoïdes. Les trois d’entre eux qui sont réellement reconnus toxiques sont utilisés dans les insecticides. Ce sont des substances qui ont été interdites par l’Union européenne par précaution, en attendant d’avoir plus de données sur l’impact négatif des néonicotinoïdes sur les abeilles, les bourdons et l’ensemble de la biodiversité. »

Utilisation suspendue dans l’UE pendant deux ans

Depuis fin 2013 en effet, l’Union Européenne a suspendu l’utilisation de trois néonicotinoïdes présents dans des pesticides pour quatre types de cultures: le maïs, le colza, le tournesol et le coton. Il s’agit des clothianidine, imidaclopride (ces deux insecticides sont justement ceux testés par les chercheurs) et thiaméthoxame.

Une mesure qui n’est pas suffisante selon Henri Clément, porte-parole de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), ces pesticides n’étant interdits « que sur certaines cultures, ils continuent d’être épandus sur d’autres et puis il reste d’autres pesticides de cette famille », déplorait-il dans un entretien donné au Monde.

Le 4 février 2015, le Sénat rejetait une proposition de résolution visant à faire interdire définitivement les néonicotinoïdes dans l’Union européenne, ce qui n’a pas manqué d’indigner les écologistes.

 

Source : huffingtonpost.fr

 

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