Les fleurs ont changé de couleur en réaction au réchauffement climatique

Sous le double effet de l’affaiblissement de la couche d’ozone stratosphérique et du réchauffement climatique, les fleurs ont modifié leurs teneurs en pigments pour se protéger du rayonnement ultraviolet.

Les couleurs des pétales des fleurs ne servent pas seulement à attirer les pollinisateurs. Les pigments qui les composent (chlorophylle, anthocyanes, caroténoïdes, flavonoïdes) sont aussi des protecteurs des tissus contre le rayonnement ultraviolet. Cette sorte de crème antisolaire est une protection que l’on trouve sous des formes différentes dans tous les organismes vivants sur la planète, des arbres aux bactéries en passant par les animaux dont l’Homme. Dès lors, on peut imaginer que ces pigments s’adaptent à une modification sur une longue durée de l’énergie solaire reçue, voire à une hausse des températures, des changements ténus difficiles à prouver parce qu’à des longueurs d’onde indécelables par l’Homme. L’hypothèse n’en est plus une. Chercheur au département de biologie de l’Université Clemson de Caroline du sud (USA), Matthew Koski vient d’en apporter la preuve dans un article publié dans Current biology.

Il n’y a qu’un seul moyen de pouvoir comparer des pétales d’une même espèce à plusieurs décennies d’intervalle : les herbiers. Matthew Koski a donc sillonné le monde pour aller explorer les collections des muséums d’histoire naturelle de New York et de Pennsylvanie aux Etats-Unis, d’Australie, d’Allemagne et de France où l’herbier du Muséum d’histoire naturelle de Paris a reçu sa visite. Le chercheur a pu ainsi calculer grâce à un appareil photo sensible aux UV la teneur en pigments de 1.238 fleurs de 42 espèces de 1941 à 2017 poussant sur trois continents.


Plus on s’approche des pôles, plus les plantes se protègent contre les UV
Ce travail de bénédictin a été récompensé par une découverte. En moyenne, la teneur en pigments absorbant les UV a augmenté de 2% par an ces 75 dernières années donnant sur les caméras UV une couleur des pétales plus sombre. Mais ce résultat cache de grandes différences : certains végétaux ont vu leurs pigments augmenter beaucoup plus, d’autres n’ont pas bougé et certains ont même vu les teneurs diminuer ! L’équipe de Koski a donc relié les constats effectués sur chaque fleur à la localisation et à l’année du prélèvement (une information de base pour un herbier scientifique) mais aussi à sa forme. L’élément essentiel de différenciation tient en effet à l’emplacement des anthères, ces bourses qui, au bout de l’étamine, protègent le pollen jusqu’au moment de sa libération par une ouverture spontanée appelée déhiscence.

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