“Le Maroc n’est pas tout à fait mûr pour le marché du bio “

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Le Maroc est-il prêt pour le bio ?

Le Maroc n’est pas tout à fait mûr pour ce type de marché. Cela va malheureusement prendre du temps avant qu’un cadre réglementaire soit réellement mis en place. On vit une phase assez difficile sur le marché national depuis les deux dernières campagnes agricoles. L’exigence du bio n’est pas l’enjeu majeur pour les agriculteurs. Le bio s’adapte relativement mal à la notion de crise économique. De plus, le marché du bio est très restreint, il s’articule autour d’un petit axe Rabat-Casablanca-Marrakech.

Pourtant, des progrès ont été faits au niveau de la loi marocaine afin de codifier l’agriculture biologique ?

C’est vrai. La pompe il faut l’amorcer. Le Maroc n’aura pas le droit d’être absent du marché de l’agriculture biologique dans les années à venir. C’est très bien de vouloir subventionner l’agriculture biologique, mais cela me semble un petit peu tôt. C’est un problème de timing. Quand on regarde le Plan Maroc Vert, lancé il y a dix ans, de nombreux enjeux restent encore à prendre en considération. Le bio est-il l’enjeu actuel absolu ? Je pense qu’il faut le préparer, mais cela ne me semble pas être l’urgence du moment.

Quels sont les avantages et désavantages de produire bio au Maroc ?

Cela coûte beaucoup plus cher en production et il faut quelqu’un derrière qui accepte de payer la différence, cela est beaucoup plus rare. Le consommateur n’a pas les moyens. En revanche, il faut garder en tête que le consommateur marocain mange déjà 40 fois plus bio que le français. L’agriculture au Maroc est vivrière, on fait du bio sans le savoir. Les agriculteurs font du bio non pas par volonté mais parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des pesticides. Alors ils cultivent avec les méthodes les plus traditionnelles. Le Maroc fonctionne sur le modèle d’une agriculture raisonnée. Non pas parce que nous l’avons voulu, mais parce que les circonstances sont ainsi pour la majorité des petits agriculteurs.

Si le marché national n’est pas mûr, pourquoi ne pas faire du bio pour l’export ?

Le marché européen du bio a connu un taux de croissance important il y a quelques années, mais il reste un marché de niche. Lorsque vous ajoutez à cela les contraintes qui incombent à la production bio, cela est très lourd. La traçabilité des produits est un des problèmes majeur : utilise-t-on le bon frigo, les produits sont-ils nettoyés correctement ? Il ne faut en aucun cas qu’ils se mélangent à des produits issus de l’agriculture conventionnelle exposés aux pesticides. C’est un processus complexe qui mérite des efforts supplémentaires, notamment vis à vis de la logistique et de la distribution.

Quelle est la stratégie du groupe Diana Holding en matière de bio ?

Le group Diana Holding ne fait pas de bio au sens réglementaire du terme. Au Maroc, l’agriculture bio représente un surcoût et économiquement n’est pas à priori d’une rentabilité extrême. Par contre, nous sommes investis depuis longtemps sur un concept d’agriculture raisonnée. Nous faisons attention à l’utilisation des différents produits en fonction des dates de récoltes et essayons d’employer les pesticides uniquement quand une attaque est déclarée. Je ne vous dis pas que dans quelques années nous ne ferons pas de bio, mais aujourd’hui nous n’y sommes pas encore 

Source : www.lobservateur.info 

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