Le Maroc consacre un capital de 27 milliards de dollars pour le plan national de l’eau

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La chargée de l’eau auprès du ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Charafat Afilal, a déclaré que le Maroc va consacrer 27milliard de dollars pour le développement des projets d’irrigations et de dessalement a fin de réduire l’épuisement sur les ressources en eau.

Le plan national de l’eau prévoit environ 5 milliards mètres cubes supplémentaires dans les ressources en eau d’ici à 2030, le volume équivalent a ce qui coule dans les chutes du Niagara en 24 jours, a rajouté Afilal lors d’une interview à son bureau à Rabat.

“Le plan vise à répondre à une hausse attendue du déficit national de l’eau de 3000 à 5000 millions mètres cubes en 2030”, a déclaré Afilal.

L’investissement permettra de maintenir la moyenne annuelle du Maroc pour la disponibilité de l’eau à sa valeur actuelle qui est de 700 mètres cubes par habitant même si la population augmente.

“Le Maroc a toujours eu un déficit en eau, ce qui explique comment les aquifères ont été l’objet d’abus au cours des dernières années», a déclaré Afilal, ingénieur hydraulicien et une des cinq femmes du ministère marocain.

Le plan, dont le coût est presque le double du total des investissements public pour budget de 2014, s’appuiera principalement sur le  financement de concessions ouvertes à long terme pour des opérateurs privés.

Les pratiques d’irrigation inutiles ont été délaissées à cause de leur inefficacité et les pertes qu’elles causent pour le secteur de l’Agriculture au niveau du pays.

“Le gouvernement va augmenter le montant de sa contribution annuelle dans le secteur de l’eau mais les opérateurs vont assumer une plus grande part des coûts engagés en vertu de ce plan, que ce soit l’investissement ou le coût de fonctionnement des installations qu’ils développeront», a déclaré Afilal.

“Payer pour l’eau“

Les consommateurs “devraient payer pour l’eau qu’ils utilisent,” dit-elle.

Le gouvernement subventionne le coût de l’eau potable par 2,3 à 2.5 dirhams par mètre cube, mais seulement pour les ménages dont la consommation mensuelle est inférieure à six mètres cubes.

Le Maroc est sujet à la sécheresse et fortement tributaire de la pluviométrie. Son secteur agricole emploie près de 40% de la population active qui est de 11 millions. La pression sur les ressources en eau dans des endroits comme Marrakech a conduit a des objections  suite a la hausse des prix en 2012.

“Le plan nationale d’eau a été élaboré en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, qui représente 80-90% de l’utilisation totale de l’eau au Maroc. Ils sont d’accord sur la nécessité de passer à des cultures moins gourmandes mais il y a aussi un besoin de réorganiser les systèmes d’irrigation principalement ceux qui causent des gaspillages », a déclaré Afilal.

Plus de pastèque à cultiver

La culture de pastèques par exemple a été interdit la semaine dernière dans la région désertique du sud de Zagora par la direction de la province et le ministère de l’agriculture après l’épuisement des aquifères ce qui a affecté la salinité et la qualité de l’eau, dit-elle.

Le Maroc espère gagner la moitié des 5 milliards de mètres cubes d’eau principalement par des économies dans la consommation et par la modernisation des systèmes d’irrigation agricole.

” Le focus sur l’élargissement de l’utilisation de l’irrigation en goutte à goutte est énorme au Maroc où l’irrigation agricole est généralement traditionnelle et cause des pertes immenses,” dit-elle.

Les 2,5 milliards  mètres cubes restant viendront d’une demi-douzaine de nouvelles stations de dessalement avec des partenariats de construction-exploitation-transfert dont il y a des opérateurs privés mais aussi étatique notamment l’Office National de l’Eau et l’Electricité.

ONEE, qui a dominé jusqu’à présent la production d’eau potable, a signé en Juin et pour la première fois un partenariat pour un projet de dessalement avec un consortium qui inclut Abengoa SA (ABG) de l’Espagne et InfraMaroc, une société affiliée de la caisse de dépôt et de gestion  base-Rabat Caisse de Dépôt et de Gestion basé a Rabat.

L’accord permet au groupe de vendre à l’ONEE, pendant 20 ans ; l’eau qu’il produit à partir de l’unité de dessalement qui est en cours de construction prés d’Agadir et qui est estimée à  100.000 mètres cubes par jours.

Le Canal Nord-Sud

Un autre projet important c’est le canal Nord-Sud qui, selon Afilal, pourra transporter 800 millions de mètres cubes d’eau chaque année du nord alimenté Casablanca ainsi que la région fermière de Rhamna.

“Le projet aura un cout de 30 milliards de dirhams. Nous avons mené des études préliminaires et nous sommes actuellement dans la phase des études détaillées qui devraient prendre cinq ans “ a déclaré la ministre.

Le premier ministre Benkirane a décrit le projet de canal comme “énorme et stratégique” et a rajouté “une fois terminé ce projet va exempter le Maroc de la nécessité d’importer du blé“.

Source : bloomberg.com

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