La culture bio, crédible comme alternative ?

Difficile pour certains agriculteurs de ne plus recourir aux pesticides pour améliorer leur rendement. pourtant, il existe bien des alternatives pour contrer les nuisibles, sans pour autant impacter les revenus des agriculteurs, ni avoir des effets néfastes sur leur santé et celle des consommateurs.

Si l’utilisation de pesticides est voulue comme un moyen d’améliorer la production en quantité comme en qualité, éliminant parasites et herbes indésirables, elle n’est sans risques sur la santé du producteur, du consommateur et de l’environnement », affirme Bouazza Kherrati. Et d’ajouter, «nous ne sommes pas contre les importateurs et producteurs de pesticides, mais nous sommes pour la préservation de la sécurité et la santé de nos concitoyens ». Kharrati n’est pas le seul. Naima Rhalem, chef de département de toxicovigilance, en appelle même à l’action collective et concertée pour aller vers l’élimination progressive des pesticides hautement dangereux et la promotion de la culture biologique.
Aujourd’hui, de l’avis de tous les professionnels du secteur, l’activité agricole marocaine reste en effet dépendante de l’utilisation des pesticides.
Pour limiter les risques, l’agriculture bio a été Instaurée en 2011 par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du plan Maroc Vert et avait pour objectif d’atteindre 40.000 hectares de cultures biologiques en 2020, selon les standards européens et marocains. Un contrat programme a été signé avec les opérateurs du secteur. A terme, seulement 9.850 hectares sont aptes à la production de cultures bio. 80% de la production est localisée dans cinq grandes régions à savoir Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir et Guelmim. D’après un rapport publié en mai 2020 par l’association marocaine santé, environnement et toxicovigilance, plusieurs associations militent pour l’instauration d’une culture bio par la mise en place d’une commission nationale du Bio, l’organisation de séances de formation au profit des agriculteurs marocains et par la mise en place de fermes pilotes du bio. En France par exemple, 20 fermes bio se créent chaque jour et 8 consommateurs sur 10 consomment le bio de manière occasionnelle. Le bio est rentré dans les habitudes de consommation partout dans le monde et le Maroc n’est pas en reste.
Certains signes d’intérêt apportés à ce genre de marchandises commencent à se faire sentir chez certains consommateurs. Mais, contrairement à une idée reçue, l’agriculture biologique peut, elle aussi, recourir aux pesticides sauf que les substances doivent être d’origine naturelle (cuivre, soufre…), qui se dégradent plus vite que les pesticides chimiques, partent avec la pluie ou le soleil…

EMERGENCE DU LABEL « ZÉRO RÉSIDU DE PESTICIDES »
Pour combattre les pesticides nocifs sur le terrain même de la demande des consommateurs, une filière alternative est en train de s’organiser en développant des labels « sans pesticides ».
Au Maroc, on peut citer l’expérience du groupe franco-marocain Azura qui a proposé à ses consommateurs, depuis 2019, une tomate cerise allongée « zéro résidu de pesticides ». Dans d’autres pays, l’expérience est beaucoup plus en avance. C’est le cas de la France par exemple qui connaît aujourd’hui l’existence du label « zéro résidu de pesticides » lancé en 2018 par le collectif “Nouveaux Champs”, formé de 46 organisations de producteurs et entreprises du centre et du sud de la France. Il intègre désormais plusieurs denrées « sans pesticides » : les tomates, le concombre, le brocoli, le potimarron, etc. Pour obtenir un tel label, un producteur de fruits et/ou de légumes doit suivre un cahier des charges très strict : bannir l’usage de substances particulièrement controversées, réduire au maximum l’épandage de produits phytosanitaires, en privilégiant le désherbage mécanique, par exemple. Et, avant la mise en vente, les marchandises sont contrôlées par un laboratoire indépendant : il faut un maximum de 0,01 milligramme de pesticides par kilogramme de fruits et légumes.


Source : consonews.ma

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