Embargo russe : est-ce une opportunité pour les exportations marocaines ?

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L’embargo imposé par la Russie, sur plusieurs produits alimentaires, qui va durer un année, d’origine l’UE et d’autres pays alliés (USA, Canada, Australie et Norvège) peut offrir une opportunité et “une occasion unique” pour les produits marocains, selon l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). Son président, Hasan Sentisi, interviewé par www.leseco.ma a déclaré que “C’est une décision qui arrive à point nommé pour le Maroc.

Je dirais même que c’est une occasion unique pour le royaume d’intégrer le marché russe une fois pour toute. Il nous faut en profiter pour exporter au maximum. L’ASMEX compte anticiper et préparer le terrain à cette offensive. Nous allons décliner cette stratégie vers la fin août.” dit-il.  Il ajoute que les plus grandes possibilités se présentent pour les produits alimentaires, la pêche et le cuir. 

Le Maroc cherche à être un exportateur direct et ne pas avoir à passer par l’UE comment il le fait maintenant

Le président d’ASMEX admet, qu’il “existe plusieurs obstacles qui entravent les échanges commerciaux avec la Russie: d’abord, l’existence d’une seule ligne maritime directe à partir d’Agadir. Cela dit, les barrières tarifaires ne manquent pas non plus. La haute commission mixte Maroc-Russie prévue le 17 septembre prochain permettra de discuter de tous ces problèmes.“

Ciolos pense à de nouveaux marchés plutôt que l’indemnisation des pays

Selon Dacian Ciolos, (commissaire européen chargé de l’Agriculture)  “Dans le contexte actuel, il est important de réagir de façon proportionnelle et rapide (…) Je suis certain que notre secteur agricole résilient se réorientera rapidement vers de nouveaux marchés et opportunités” pour limiter l’effet négatif de la crise avec la Russie. Mais pendant cette phase de transition il se peut qu’il y’ai aussi un besoin d’aide. Une réunion est prévue à Bruxelles le 14 août, où des experts du secteur agroalimentaire européens vont discuter des actions à entreprendre. 

Le Maroc peut être une solution au problème

“Le Maroc, qui est devenu un casse-tête pour les agriculteurs européens, cette fois pourrait jouer le rôle de régulateur”. Ce pays d’Afrique “pourrait négocier directement avec la Russie”, estime Roberto Goiriz (porte parole de la FEDEX, (Federation Provinciale des Asociaciones de Exportatores de Productos Hortofruticolas de Las  Palmas), afin d’éviter un engorgement du marché européen par la tomate et la chute des prix sera évité.  La Turquie peut aussi être  comme partie de ces solutions, un pays qui exporte beaucoup de tomate à l’Europe et  qui peut se convertir en un fournisseur principal d’un énorme marché comme la Russie. 

La campagne d’exportation marocaine des agrumes et tomates débutera dans un peu plus deux mois et les exportateurs marocains voient dans cette crise une opportunité afin d’exporter d’importante quantité pour la Russie. Mais n’oublions pas, qu’à part les agrumes, les autres produits agricoles (notamment la tomate >85%) l’UE est le grand marché pour le Maroc et l’embargo russe risque d’engendrer un excédent de fruits et légumes chez les pays européen et une chute de prix. Ce qui semble une opportunité risque de n’être qu’une perturbation du marché internationale que personne ne peut prédire, vraiment, les conséquences à moyen terme. D’ailleurs, Selon Omar Mounir, président de l’Association professionnelle des exportateurs des fruits et des légumes (APEFEL), il est encore trop tôt pour parler d’une aubaine pour les exportateurs marocains.

 

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