Agriculture: La Suisse veut développer le bio au Maroc

«En facilitant l’accès au marché à l’international pour les produits agro-alimentaires et du terroir, notamment l’huile d’argan, le romarin et la figue de barbarie, en développant des chaînes de valeur dans une optique de croissance, et en appuyant des associations professionnelles actives dans l’agriculture, la Suisse soutient la valorisation des produits agricoles et l’échange d’expérience à travers tout le territoire marocain», indique d’emblée Massimo Baggi, ambassadeur de Suisse à Rabat.

Versant dans le même ordre d’idées, Sami Zerelli, président de la Chambre de commerce suisse au Maroc, a indiqué, à L’Economiste, que presque 38% de la surface utile agricole en Suisse sont déjà saturés. En plus, la Suisse étant un pays touristique, l’agriculteur ne peut pas cultiver face à la contrainte de préservation du paysage. S’ajoute la cherté de la main-d’œuvre agricole. Le pays, leader mondial dans l’innovation, investit dans ce domaine plus de 3,8% de son PIB.

C’est pour cette raison que les efforts ont été concentrés sur une population particulière d’agriculteurs et ont ainsi été choisis ceux ayant des exploitations de moins de cinq hectares et qui représentent 70% des exploitants agricoles au Maroc. Ces derniers se limitent à l’agriculture conventionnelle et se retrouvent en mal de productivité et donc de rentabilité.

Aujourd’hui, la réflexion est de les accompagner pour leur permettre d’augmenter leurs revenus. Ainsi, «les inciter à sortir de l’agriculture conventionnelle et les orienter vers une agriculture à plus grande valeur comme le bio», souligne Zerelli.

Un programme a été établi avec cinq entreprises suisses pour «créer une sorte d’écosystème qui commence par l’aide à la conversion au bio». Déjà, l’entreprise suisse «Eléphant vert», qui avait choisi de lancer son programme bio à partir du Maroc, a entamé un cycle de formation de jeunes exploitants agricoles. Figure également l’entreprise Pinalpina, spécialiste du frais, dont l’expérience dans la commercialisation des produits frais n’est plus à démontrer.

D’autres entreprises sont sur la liste. Il s’agit de SGS, numéro un mondial de la certification et du contrôle pour l’accompagnement dans les opérations d’audit. «Notre objectif aussi est de pouvoir agréger de petits exploitants et, peut-être, les atteler à de grandes stations de calibrage et d’emballage. Pour cela, il faut assurer un service de traçabilité et instaurer un système d’étiquetage. Tâche qui sera assurée par Sicpa», est-il indiqué.

De son côté, Pinalpina ouvrira une plateforme de e-commerce et pourra ainsi pouvoir donner leur chance à tous les producteurs marocains de se faire référencer chez ses clients. Le but étant de commencer à aller sur les marchés où existent de réels débouchés pour les produits bio marocains.

Toute cette démarche s’est soldée par la signature d’une convention avec le Club des entrepreneurs du bio (C-bio). L’objectif est d’inciter ses membres à approcher davantage les jeunes entrepreneurs opérant dans ce domaine, les encourager à s’organiser en coopératives, leur trouver une station de calibrage et d’emballage et, partant, leur donner les mêmes chances que les grands producteurs.

«Nous espérons que le Siam sera le démarrage d’une grande aventure et non une finalité en soi et que les termes de ces conventions soient traduits concrètement», ajoute Sami Zerelli. Partant de là, un process sera mis en place et un programme de communication sera lancé pour approcher les jeunes agriculteurs et leur expliquer la valeur ajoutée des opérations qui seront lancées.

Lors du Siam, quelque 120 jeunes étudiants ont été invités par Nestlé à une journée d’information et de formation au cours de laquelle des responsables des ressources humaines leur ont expliqué et montré, notamment, comment établir un CV et mener un entretien. Cela leur a permis en même temps de postuler auprès de ces responsables et de se faire reconnaître des DRH présents.

Source : leconomiste.com/

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